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Accueil » Blog » Lakurawa : Maillon oublié de l’arc djihadiste ouest-africain
AfriqueBéninBurkina-FasoLutte contre le terrorismeNigeria

Lakurawa : Maillon oublié de l’arc djihadiste ouest-africain

Nouvelle menace pèse sur la région ouest-africain

Julien
By Julien Ajouter un commentaire Date de publication : octobre 20, 2025
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6 Min Read
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Par Arnauld Kassouin

Contents
Origines troubles et évolution du groupeActivités criminelles et extrémisme Une affiliation jihadiste incertaineDes enjeux régionaux et un risque d’extension terroriste

La zone des trois frontières situées au nord-est du Bénin à proximité de Dosso (sud-ouest du Niger) et Kebbi (au nord-ouest du Nigéria) est confrontée à une conflictualité de type nouveau. De groupe d’autodéfense à groupe extrémiste, Lakurawa s’est progressivement mué en une menace extrémiste réelle pour cette région. Une menace de plus dans une région déjà sous le diktat du Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), de l’Etat islamique à travers sa branche Islamic State – Sahel Province (ISSP) et autres bandits armés. Face au risque de voir émerger un arc djihadiste ouest-africain, l’impératif d’une coopération engageante entre les trois États concernés s’impose. 

Le 8 novembre 2024, la ville de Birnin-Kebbi (Nigéria) a été le théâtre d’une attaque violente se soldant par la mort de 17 civils. Cette confrontation armée a été initialement provoquée par la tentative de vol d’une centaine de têtes de bétail appartenant à un berger local. Si la riposte des habitants a permis de neutraliser au moins deux des assaillants, l’événement a engendré une onde de choc significative.

L’élément central de cet incident réside dans l’identification du groupe assaillant : le « Lakurawa », une entité alors peu médiatisée. Cependant, cette attaque intervient après des mises en garde formelles. Trois jours auparavant, des autorités nigérianes, dont le vice-gouverneur de l’État de Sokoto, Idris Muhammad Gobir, avaient alerté sur la dangerosité de Lakurawa, le décrivant comme un groupe armé et structuré, actif dans plusieurs zones frontalières.

De plus, la section locale de l’association des éleveurs (MACBAN) a publiquement désigné Lakurawa comme un groupe criminel responsable de multiples activités illégales. Ces agissements incluent notamment l’imposition d’une taxation forcée aux éleveurs, confirmant la nature non seulement violente, mais également prédatrice et structurée de cette organisation.

Origines troubles et évolution du groupe

Le groupe armé Lakurawa (signifiant « recrues » en Haoussa) n’est pas une entité récente. Ses origines remontent à la fin des années 1990, avec une possible formation au Niger dès 1997. Il s’est implanté dans les zones frontalières du Nigéria (notamment à Sokoto) dès 1999.

Des déclarations officielles, comme celles de la police nigériane en décembre 2018, ont confirmé sa base arrière au Niger, soulignant le caractère ancien et transfrontalier de ses activités.

Composé initialement de bergers maliens et nigériens, Lakurawa s’était d’abord positionné comme un groupe d’autodéfense des communautés peules contre le banditisme. Cependant, le groupe a rapidement évolué vers le radicalisme et la criminalité, imposant notamment la charia, collectant de force la zakat (aumône légale) et adoptant des comportements violents envers les populations.

Activités criminelles et extrémisme 

Le groupe armé Lakurawa a significativement intensifié ses activités. Il ne se limite plus au vol de bétail (environ 3 500 ruminants volés en huit mois), mais cible désormais les commerçants et les agences de transfert d’argent. Le groupe impose un système d’extorsion appelé Zakat forcé, collectant des sommes importantes (jusqu’à 20 millions ₦). Malgré les offensives nigérianes, Lakurawa maintient une forte présence transfrontalière (Nigéria, Niger, Bénin) et son expansion s’est manifestée par des attaques à Malanville (Bénin) et Gaya (Niger) fin 2024. Un conflit interne lié à un détournement de fonds (environ 63 millions ₦) aurait contribué à accroître sa belligérance.

Une affiliation jihadiste incertaine

Lakurawa opère dans une zone disputée par le JNIM et l’ISSP. Son affiliation est ambiguë, lui permettant d’adopter des tactiques hybrides. Le groupe exploite le banditisme armé endémique dans le Nord-Ouest nigérian pour intensifier ses pillages de bétail (plus de 3 500 ruminants volés en huit mois) et ses raids contre les civils. Il a diversifié ses cibles pour inclure les commerçants et les agences de transfert d’argent. Sa présence est confirmée et active le long de la zone des trois frontières (Nigéria, Niger, Bénin), illustrée par des attaques récentes à Malanville et Gaya fin 2024.

Des enjeux régionaux et un risque d’extension terroriste

L’intensification des opérations militaires nigérianes suite au drame de Mera rend difficile la distinction entre les bandits armés et les groupes extrémistes dans le Nord-Ouest, une zone où coexistent le JNIM et l’ISSP. Lakurawa illustre cette complexité en adoptant un profil hybride, combinant la criminalité (pillages) et le radicalisme (prêche de la Charia), tout en entretenant des liaisons dangereuses avec les groupes de bandits locaux. 

L’ambiguïté de son affiliation est le signe que des groupes majeurs comme le JNIM et l’État Islamique cherchent à étendre leur empreinte idéologique et opérationnelle dans les États frontaliers (Sokoto, Zamfara, Kebbi). Face à cette menace, une coopération régionale urgente entre le Bénin, le Niger et le Nigéria est impérative, nécessitant la mutualisation des efforts de sécurité et de renseignement, ainsi que le renforcement des initiatives locales pour éviter que la zone des trois frontières ne devienne un nouvel épicentre djihadiste.

Lire l’enquête complète ici

« Cet article a été élaboré grâce à un programme de mentorat avec la Global Transnational Organized Crime Initiative (GI-TOC) et La Cellule Norbert Zongo pour le journalisme d’investigation en Afrique de l’Ouest (CENOZO), dans le cadre du projet « Soutien à l’atténuation des effets déstabilisateurs de la criminalité transnationale organisée (M-TOC) ».

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