Par la Rédaction
Malgré une baisse globale de 41 % des importations d’armes sur le continent africain, l’Afrique subsaharienne reste au cœur de la course aux armements. Selon le dernier rapport du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), publié en mars 2026, plusieurs pays africains continuent d’augmenter leurs dépenses militaires pour faire face au terrorisme, aux conflits armés et aux défis sécuritaires régionaux. Le rapport « Tendances des transferts internationaux d’armes 2021-2025 » révèle que le Nigéria, le Sénégal et le Mali figurent parmi les plus grands importateurs d’armes en Afrique subsaharienne, une région qui représente désormais 13 % des importations africaines.
Le Nigéria domine largement le classement avec 532,4 millions de valeurs d’indicateurs (TIV), soit 16 % des importations régionales. Première puissance militaire d’Afrique de l’Ouest, le pays renforce son arsenal face aux menaces de Boko Haram et des groupes armés. Abuja a investi dans des avions de combat, des drones militaires, des hélicoptères, des véhicules blindés, des missiles antichars et des navires de guerre. Le Nigéria diversifie également ses fournisseurs avec des partenaires comme la Turquie, la Chine, les États-Unis, la France, la Russie et la Corée du Sud.
Le Sénégal occupe la deuxième place avec 298,46 millions TIV. Cette montée en puissance militaire s’explique notamment par la sécurisation des ressources gazières et pétrolières offshore, ainsi que par les enjeux de surveillance maritime et aérienne. Dakar a acquis des patrouilleurs, des navires lance-missiles, des aéronefs de surveillance, des véhicules blindés et des systèmes d’artillerie. La France, la Chine, l’Allemagne, la Turquie et les États-Unis figurent parmi ses principaux fournisseurs d’armes.
Le Mali arrive troisième avec 272,17 millions TIV, soit 8 % des importations régionales. Depuis 2020, Bamako accélère la modernisation de son armée dans le cadre de la lutte contre les groupes djihadistes au Sahel. Le pays a acheté des drones armés, de l’artillerie lourde, des blindés, des missiles et des avions militaires. Après sa rupture avec la France, le Mali s’est fortement rapproché de la Russie pour renforcer ses capacités militaires.
L’Éthiopie poursuit également sa montée en puissance militaire à cause des tensions liées au conflit du Tigré. Avec 172,85 millions TIV d’importations, Addis-Abeba a acquis des drones de combat, des aéronefs militaires, des véhicules blindés et des systèmes d’artillerie lourde. Ses principaux fournisseurs sont la Turquie, la Russie, la Chine, l’Iran et les Émirats arabes unis.
L’Angola, cinquième du classement avec 160,3 millions TIV, concentre ses achats sur la surveillance maritime et la défense aérienne. Le pays a investi dans des patrouilleurs maritimes, des navires militaires et des moteurs d’avions afin de renforcer le contrôle de ses côtes et de son espace aérien.
Le Kenya poursuit quant à lui ses efforts contre la menace terroriste d’Al-Shabaab. Nairobi a importé pour 140,62 millions TIV d’armes et d’équipements militaires, notamment des drones Bayraktar TB-2, des hélicoptères militaires, des missiles air-air et des véhicules blindés de transport de troupes.
La Mauritanie, relativement stable dans la région du Sahel, renforce néanmoins sa sécurité aux frontières avec le Mali et l’Algérie. Le pays a investi 134,36 millions TIV dans des missiles antichars, des drones de reconnaissance, des systèmes de défense aérienne et des blindés.
Le Burkina Faso poursuit sa modernisation militaire face aux attaques répétées des groupes djihadistes. Avec 127,64 millions TIV d’importations militaires, Ouagadougou s’est équipé d’hélicoptères de combat, de drones Bayraktar TB-2, de lance-roquettes multiples, de blindés et de missiles.
La Côte d’Ivoire renforce également ses capacités militaires afin de sécuriser ses frontières nord face aux menaces venant du Sahel. Le pays a investi 120,33 millions TIV dans des hélicoptères de combat, des blindés, des patrouilleurs maritimes et des véhicules militaires.
Le Rwanda complète le Top 10 avec 118,73 millions TIV. Kigali poursuit la modernisation de son armée avec l’acquisition d’hélicoptères militaires, de systèmes de défense aérienne, de missiles et de véhicules blindés.
Derrière ce classement, le Soudan, la République démocratique du Congo et le Niger figurent également parmi les pays africains qui investissent massivement dans l’armement. Selon le SIPRI, les États-Unis restent le premier exportateur d’armes vers l’Afrique avec 19 % du marché, devant la Chine (17 %), la Russie (15 %) et la France (8,3 %). La Chine confirme notamment son influence croissante en Afrique subsaharienne, avec des ventes d’armes à 23 pays africains entre 2021 et 2025.
Entre lutte contre le terrorisme, sécurisation des ressources naturelles et modernisation des armées, l’Afrique subsaharienne s’impose aujourd’hui comme l’une des régions stratégiques de la géopolitique militaire mondiale.
Source : BBC Afrique

