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Accueil » Blog » Sénégal : quand la fracture Diomaye-Sonko dépasse les frontières
AfriqueDémocratieDiplomatiePolitiqueRelations internationalesSénégal

Sénégal : quand la fracture Diomaye-Sonko dépasse les frontières

Diomaye n'est plus Sonko

Julien
By Julien Ajouter un commentaire Date de publication : mai 14, 2026
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9 Min Read
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Une analyse de Jean Sovon

Contents
L’éligibilité de Sonko en 2029Un modèle démocratique sous tensionQu’en est-il sur le plan régional, africain ou international ?Quel scénario pour la suite ?

En mars 2024, le Sénégal a vécu l’un des moments les plus singuliers de son histoire politique. Ousmane Sonko, président du PASTEF, depuis sa cellule de prison, a porté au pouvoir son dauphin désigné, Bassirou Diomaye Faye. Avec leur slogan « Diomaye moy Sonko » (Diomaye est Sonko, en wolof), les deux hommes politiques rallient des millions de sénégalais à leur cause. Moins de deux ans plus tard, ce même slogan est tourné en dérision : « Diomaye du Sonko » (Diomaye n’est plus Sonko).

La rupture, elle s’est construite lentement. Dans les coulisses d’un pouvoir exécutif aux allures bicéphales, les ambitions ont fini par supplanter le projet commun vendu aux peuples sénégalais. Et l’épisode du « Tera meeting » du 8 novembre 2025 a été la goutte qui déborde la vase. Devant une foule acquise, Sonko a 

dénoncé des manœuvres en cours pour écarter l’ancienne ministre de la Famille et des Solidarités, Aïda Mbodj, comme coordinatrice de la coalition “Diomaye Président”. L’attitude de Diomaye après cette sortie de Sonko confirme les soupçons. Deux jours après, le Président signe un document met fin aux fonctions d’Aïda Mbodj et nomme unilatéralement Aminata Touré à la tête de la coalition. Cette dernière a pour mission de restructurer et de consolider ladite coalition.

Depuis lors, la guerre de positionnement ne cesse de s’intensifier. Le 2 mai 2026, Diomaye a accordé une longue interview sur la RTS, avertissant à mots à peine couverts que son Premier ministre siégeait sur « un siège éjectable dont lui seul contrôle le bouton ». Dans la foulée, plusieurs proches de Sonko ont été évincés de l’entourage présidentiel, remplacés par des fidèles issus de la coalition Diomaye Président. La coalition Pastef elle-même est désormais travaillée par une ligne de fracture entre pro-Sonko et pro-Diomaye.

L’éligibilité de Sonko en 2029

Pour décoder cette crise, il faut regarder l’horizon. La prochaine présidentielle qui s’annonce en 2029 est évocatrice. Condamné pour diffamation envers l’ancien ministre Mambaye Niang et une condamnation confirmée par la Cour suprême en janvier 2024, Sonko était inéligible. Mais la loi sur l’amnistie juste après l’élection de Faye en mars 2024 et amendée par la nouvelle majorité en avril 2025 le rend de nouveau éligible. 

De son côté, il a engagé une procédure de révision de ce jugement, et c’est précisément dans ce contexte que s’inscrit la réforme du Code électoral adoptée par l’Assemblée nationale en avril 2026. En modifiant les articles L.29 et L.30 régissant les conditions d’éligibilité, le texte est perçu par ses adversaires comme une loi taillée sur mesure pour permettre à Sonko de retrouver ses droits civiques et politiques.

Face à cette manœuvre, Diomaye riposte en construisant sa propre base électorale. La coalition « Diomaye Président », portant son nom, non celui de Pastef, gagne en autonomie et attire des personnalités issues d’horizons divers, parfois proches de l’ancien régime. Une évolution que les militants de la première heure de Pastef vivent comme une trahison idéologique. Au fond, les deux hommes jouent désormais à un jeu à somme nulle : tout ce que l’un gagne en 2029, l’autre risque de le perdre.

Un modèle démocratique sous tension

Le Sénégal a longtemps fait figure d’exception démocratique dans une sous-région ouest africaine marquée par les coups d’État et les transitions chaotiques. Trois alternances pacifiques, une presse libre, une société civile vivace : l’image était celle d’une démocratie mature. Cette réputation est aujourd’hui malmenée.

Des partis même proches du pouvoir tirent la sonnette d’alarme. Le PAGS, membre de la mouvance présidentielle, a dénoncé publiquement « la politisation de la justice » et l’utilisation du « délit d’opinion pour museler les voix critiques ». L’opposition s’est restructurée. Khalifa Sall a transformé Taxawu Sénégal en parti structuré et se prépare à capitaliser sur la désillusion d’une partie de l’électorat. Les promesses de rupture de 2024 du parti PASTEF se heurtent à la réalité d’une gouvernance paralysée par les rivalités au sommet.

La réforme du Code électoral adoptée dans la précipitation incarne à elle seule les risques de dérive. Quand la loi fondamentale du jeu électoral est modifiée à l’avantage du camp au pouvoir, c’est la confiance dans les institutions qui s’érode. La comparaison avec la crise Senghor-Mamadou Dia de 1962 n’est pas anodine. Elle rappelle que le Sénégal a déjà frôlé l’implosion institutionnelle, et qu’il en est sorti transformé mais fragilisé.

Qu’en est-il sur le plan régional, africain ou international ?

La portée de cette crise dépasse les frontières sénégalaises. Dakar joue depuis des décennies un rôle de stabilisateur en Afrique de l’Ouest. Or la CEDEAO traverse sa pire crise depuis sa création, avec le retrait du Mali, du Niger et du Burkina Faso, regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Dans une telle situation de fragmentation régionale, un Sénégal absorbé par ses querelles internes perd sa capacité de médiation au moment précis où elle est le plus nécessaire.

Sur la scène mondiale, les actes géopolitiques du tandem ont été réels et significatifs : le démantèlement des bases militaires françaises, le discours souverainiste assumé de Sonko contre « la recolonisation » économique du continent, et la participation active au sommet « Africa Forward » à Nairobi en mai 2026, où Dakar a plaidé pour mettre fin aux conditionnalités des bailleurs internationaux. Ces signaux ont été captés aussi bien à Paris, à Bruxelles qu’à Pékin et à Washington.

Mais un discours de souveraineté porté par un exécutif fracturé perd en crédibilité. Les chancelleries occidentales, qui surveillent de près les déclarations de Sonko, observent avec un mélange d’inquiétude et d’opportunisme la fragilisation du régime. Pour les puissances concurrentes, Chine, Russie, Turquie, pays du Golfe, qui se disputent l’influence dans un pays disposant désormais de ressources en hydrocarbures offshore, cette instabilité est au contraire une invitation à intensifier la compétition.

Quel scénario pour la suite ?

Deux trajectoires se dessinent. D’une part, si Diomaye franchit le pas et limoge Sonko. C’est le scénario de la clarification mais aussi celui de la déflagration politique. Sonko conserve une base militante nombreuse et une légitimité populaire intacte. Un limogeage provoquerait une crise institutionnelle sans précédent dans l’histoire récente du Sénégal, et pourrait transformer Pastef en force d’opposition radicale.

D’autre part, les deux hommes pourraient maintenir un modus vivendi précaire jusqu’en 2029. Chacun construisant sa propre machine électorale en parallèle. Ce serait la paralysie au sommet de l’Etat: les institutions tournent au ralenti, les réformes s’enlisent, et les Sénégalais qui avaient placé dans cette alternance un espoir considérable risquent de se retrouver spectateurs d’un duel qui ne les concerne plus.

Dans les deux cas, le véritable perdant risque d’être le projet démocratique lui-même. Les observateurs de la vie sociopolitique sénégalaise regardent. Un constat amer : même les alternances les plus prometteuses peuvent se consumer dans l’égo des ambitions personnelles.

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