Par la Rédaction

Au Togo, les femmes sont fortement impliquées dans le développement du secteur agricole. Alors que la plupart d’elles sont des maraîchères, elles font face à une multitude de difficultés. C’est dans ce contexte que l’Association Mains du Développement (AMD) a appuyé ces femmes maraîchères du village de Matchalè dans la commune de Bas-Mono. Elles ont été formées en fabrication des biofertilisants et des biopesticides, les 9 et 10 octobre 2025.
L’objectif est de renforcer les capacités techniques des maraîchères togolaises bénéficiaires du projet PV-PAEM dans la production et l’utilisation d’engrais et pesticides biologiques adaptés au contexte local, afin d’améliorer leur autonomie, leur productivité et la durabilité de leurs exploitations. Cette initiative s’inscrit dans le “Projet de valorisation des bonnes pratiques agroécologiques des maraîchères” avec l’appui financier de Earth Guardian.
Une volonté d’améliorer le quotidien des femmes
Ce projet naît de la volonté des initiateurs du projet d’aider les femmes, membres du groupement N’TIFAFA, à trouver, un temps soi peu, des pistes de solution face aux importants défis engendrés par certains paramètres.


Entre autres, elles sont confrontées aux difficultés d’accès aux ressources, aux inégalités de genre et aux contraintes climatiques. Les femmes maraîchères rencontrent également des difficultés pour accéder à la terre, au capital, aux technologies agricoles et aux services de vulgarisation. La répartition des tâches au sein du foyer, les inégalités de revenus et le manque de reconnaissance de leur contribution au développement rural constituent des freins à leur autonomie économique. Les aléas climatiques (sécheresses, inondations) affectent les rendements des cultures maraîchères et compromettent la sécurité alimentaire des populations. Ces femmes maraîchères ont souvent du mal à obtenir des crédits pour financer leurs activités, ce qui limite leur capacité à investir dans l’amélioration de leurs exploitations.
“Pour y faire face, ces maraîchères utilisent des produits phytosanitaires, principalement des insecticides et fongicides et d’autres engrais chimiques. Ces produits, souvent utilisés de manière excessive ou inappropriée, posent des risques pour la santé humaine et l’environnement. L’usage intensif de produits chimiques engendrent des impacts environnementaux et sanitaires significatifs et des coûts de production élevés. Les dépenses en engrais chimiques, pesticides et carburants fossiles, combinées aux faibles opportunités d’approvisionnement et de conservation, réduisent la rentabilité des exploitations maraîchères”, constate Tem NABROULABA, la coordinatrice AMD.
Des sessions théoriques et pratiques
Deux jours de formation théorique et pratique au cours desquelles les participants ont été outillés sur plusieurs modules liés aux bonnes pratiques agroécologiques et à la fabrication de biofertilisants et bio protecteurs, qui ont outiller les bénéficiaires pour une agriculture plus durable.


Parmi les modules, il y a la préparation du Bokashi, un compost prêt à l’emploi après deux semaines de fermentation ; la fabrication du Super Magro Solide, un biofertilisant pouvant être appliqué par voie foliaire ou dilué en solution liquide ; l’utilisation de l’Apichi, un bio protecteur contre divers insectes nuisibles ; la confection du bouillon de cendre, un autre bioprotection contre certains nuisibles ; la solution de bicarbonate, efficace contre certains champignons ; le bouillon de chaux sulfuré, qui lutte contre les maladies fongiques ; et enfin, le test de volcan, un procédé permettant d’évaluer le niveau d’activité microbienne d’un biofertilisant ou d’un site de production.
La première journée de formation a été consacrée à la préparation du Bokashi, méthode simple et rapide pour produire un compost de qualité, et à la manipulation des différents matériaux pour leur maîtrise pratique. La seconde journée s’est focalisée sur la fabrication et l’utilisation des autres biofertilisants, bioprotecteurs, ainsi que sur l’évaluation de leur activité microbienne via le test de volcan, afin d’assurer leur efficacité et leur fertilité.


“A l’issue de cette formation, les bénéficiaires ont acquis des compétences concrètes et opérationnelles. Leur motivation est grande pour appliquer ces techniques dans leurs exploitations, afin d’améliorer la fertilité des sols, de lutter contre les ravageurs de manière écologique, et de garantir une production alimentaire saine et durable. Cependant, certains défis liés à la disponibilité des ressources, au renouvellement des matériaux, et à la nécessité d’un suivi post-formation ont été identifiés, soulignant l’importance d’un accompagnement continu” indique Tem NABROULABA.
Le groupement N’TIFAFA a été également formé sur l’élaboration des planches, une étape essentielle pour la mise en place des pépinières. Cette formation complémentaire leur a permis de maîtriser les techniques nécessaires à la création de pépinières, étape cruciale pour la multiplication des plants et le développement des cultures maraîchères dans leur localité.


“Cette initiative a permis de renforcer les capacités des acteurs locaux tout en leur fournissant des outils concrets pour une agriculture durable. La formation complémentaire sur l’élaboration des planches et des pépinières constitue une étape supplémentaire pour assurer la pérennité des activités agricoles dans la région. Il est recommandé de poursuivre avec des ateliers de suivi, de renforcer la sensibilisation, et de faciliter l’accès aux ressources et équipements pour pérenniser ces bonnes pratiques. La mise en œuvre fidèle de ces techniques pourrait grandement contribuer à améliorer la résilience des communautés agricoles face aux effets du changement climatique”, conclut la coordinatrice.
Ils étaient au total une trentaine de femmes et quelques hommes, membres du groupement N’TIFAFA, à bénéficier de cette formation.

