Togo/ Sports: Anoumou AGUIAR ‘‘Black Bomber’’, la boxe togolaise a son ambassadeur
Par Julien EVEGNON
Ce n’est un secret pour personne. La boxe togolaise traverse une période de léthargie depuis quelques années. Loin, très loin derrière l’époque de Sabou Balogou ou encore la période dorée nostalgique de John Codjo Mensa alias Kpalongo. La Fédération de la discipline essaie vaille que vaille de maintenir un navire en pleine tempête. La réalité implacable : la boxe togolaise ne fabrique plus de grands champions. Et si l’on sollicitait l’expertise d’anciens athlètes qui ont la boxe dans les veines ? Justement l’un des talents purs ayant marqué de son empreinte ce sport est sans doute Anoumou Aguiar. La nouvelle génération ne l’a pas connu ou l’a presque perdu de vue. La rédaction de Plume d’Afrique est allée sur les traces d’un grand champion de la boxe togolaise sur et en dehors des rings. L’homme après sa retraite, vit depuis plusieurs années au Luxembourg. Et même sur le vieux continent, M. Aguiar n’a pas oublié ses premières amours.
Anoumou Aguiar, une précocité sur les rings, un palmarès riche
A une époque où l’adversité et l’émulation sur le plan national était de taille, il fallait être un athlète travailleur pour tenir la comparaison. Et parmi les talents qui exportaient mieux la boxe togolaise, un certain Anoumou Julien Honoré Aguiar dit ‘‘BLACK BOMBER’.’ Né à Lomé le 27 janvier 1965, l’homme a débuté son histoire d’amour pour les gants et les rings à 12 ans. En 18 ans de carrière, il a représenté et hissé haut les couleurs de son pays. Lors des JO de Séoul en 1988 puis quelques mois plus tard dans une compétition internationale de boxe en Italie. Entre autres, il a réalisé plusieurs combats amateurs dont 51 victoires pour une seule défaite. En professionnel, sur 08 combats au total, il en a remporté 07 pour une seule défaite. Plusieurs années d’affilé champion du Togo, Black Bomber a également participé à des combats professionnels et amateurs sur le plan africain (Bénin, Niger, Kenya…).
Black Bomber, une reconversion et une reconnaissance à la hauteur de son talent
Après les rings, M. Aguiar décide de se reconvertir entraineur de boxe. Ce qu’il accomplit avec brio en Italie courant 2012 avec pour première expérience Colombo Boxing Club. En 2015, il s’envole pour le Luxembourg où il intègre le staff technique du club Gants d’Or jusqu’à ce jour.
L’ancien capitaine de l’équipe nationale de boxe du Togo est également reconnu à sa juste valeur tant sur le plan national qu’international. Ancien vice-président de la fédération luxembourgeoise de boxe, il est l’actuel président des clubs de boxe : Gants d’Or, Unir Boxing club, Black Bomber boxing club. Conseiller spécial des anciens présidents de la Fédération togolaise de boxe (FETOBOXE) Azad Kelani BAYOR, Tessilimi TOTO et Koami AMOUZOU, il est également ancien président de la commission de la boxe professionnelle de la fédération togolaise de boxe.
‘‘Les combats de boxe recevaient une publicité dans les médias (radio Lomé, Togo presse et télévision togolaise à partir de 1973). Ils drainaient des foules de spectateurs venus de Lomé et de l’intérieur du pays, sans oublier des pays voisins comme le Bénin et le Ghana. Monter sur le ring en présence de ces spectateurs qui criaient : ABOLI, c’est-à-dire «il faut le défoncer » ou APOÉ KO, « gagne-le par KO », je n’avais qu’une seule envie : faire plaisir au public et gagner’’, nous a confié Anoumou Aguiar.
Avant de poursuivre : ‘‘nous n’étions pas enclins à courir derrière les primes ou l’argent même en combat professionnel. Nous étions plus intéressés par la victoire, l’honneur, les titres et les médailles. Nous n’exigions rien des dirigeants’, a-t-il souligné.
Les ambitions de Black Bomber pour relever la boxe togolaise des sentiers battus
L’expert a posé le diagnostic de la boxe togolaise. Et il est sans appel : la discipline traverse des zones de turbulences depuis quelques années. Et Anoumou Aguiar relève trois causes fondamentales : les dirigeants, les entraîneurs et les athlètes (boxeurs). Trois entités qui selon lui, ne seraient pas sur la même longueur d’onde en matière des pratiques modernes professionnelles de la discipline. Et du coup, c’est la boxe qui en souffre.
L’ancien capitaine de l’équipe nationale propose des pistes de solutions pour redresser la barre. Au rang desquelles, revisiter et réadapter les anciens schémas qui ont permis au Togo d’être connu dans cette discipline sportive. Organiser de vrais championnats, multiplier les compétitions de détections de jeunes talents. Organiser et doter les clubs de boxe de moyens pour leur fonctionnement.
Plus loin, il propose de former des entraîneurs sur les règles en vigueur.
Suivre les boxeurs sur le plan psychologique, mental, physique et surtout leur régime alimentaire est également un aspect à ne pas négliger.
Sur ses rapports actuels avec la FETOBOXE, l’ancien capitaine de l’équipe l’admet, ils ne sont pas excellents. Il dénonce d’ailleurs une politique d’exclusion d’anciens athlètes et dirigeants. Une légion d’experts dont le bureau exécutif actuel présidé par Dr. Adoté Kpakpo, auraient volontairement décidé de se passer.

Désormais, Anoumou AGUIAR dit ‘‘Black Bomber’’ n’a plus l’intention de rester éloigné des rings et gants togolais. Il ambitionne dès lors de mettre son expertise au service de son pays dans les mois et années à venir. Et cela passe notamment par des projets bien fignolés, le tout pour la promotion des talents et de futurs champions.

