Par la Rédaction
Le ton était grave ce lundi 9 juin 2026 à Lomé. Face aux médias, le Syndicat Démocratique des Mines (SYDEMINES) a dénoncé ce qu’il considère comme une grave injustice sociale : le licenciement de 47 travailleurs de SCANTOGO ayant, pour la plupart, plus de dix ans d’ancienneté au sein de l’entreprise.
Lors de cette conférence de presse, le syndicat a appelé les autorités togolaises à intervenir afin de faire respecter la législation du travail et de permettre aux travailleurs concernés de retrouver leurs droits.
Selon le SYDEMINES, les salariés licenciés occupaient des postes permanents au sein de SCANTOGO, filiale du groupe Heidelberg Materials, mais étaient maintenus sous le régime de l’intérim depuis de nombreuses années.
« Ce sont des travailleurs qui ont mis plus de dix ans de leur vie au service de SCANTOGO. L’entreprise a tiré profit de leur travail. Dix ans après, on ne peut pas les mettre dehors sous prétexte qu’elle veut changer de société d’intérim », a déclaré Kodjovi Sedonou, Secrétaire général adjoint du SYDEMINES.

Un système d’intérim dénoncé
Selon les explications fournies par le responsable syndical, près de 400 des quelque 600 travailleurs du site seraient employés à travers des sociétés d’intérim. Or, rappelle-t-il, la législation togolaise encadre strictement ce type d’emploi.
« Le travail intérimaire est un emploi temporaire. Le décret qui l’encadre prévoit que, renouvellements compris, il ne doit pas dépasser quatre ans », a expliqué Kodjovi Sedonou.
Le syndicat estime donc que la situation des travailleurs concernés constitue une anomalie au regard de la réglementation en vigueur.
« Les 47 travailleurs qui sont licenciés aujourd’hui ont une ancienneté de plus de dix ans à SCANTOGO. Certains ont commencé avec le démarrage même de l’usine », a-t-il ajouté.
Des emplois toujours existants
Au cœur du différend se trouve la décision de SCANTOGO de mettre fin à sa collaboration avec l’ancienne société d’intérim ETJM à la fin de l’année 2025. Pour le SYDEMINES, cette rupture contractuelle ne justifie en aucun cas le licenciement des travailleurs concernés.
« À ces 47 travailleurs, il n’est reproché aucune faute. Pour licencier quelqu’un, il faut un motif. Eux n’ont rien fait », a affirmé le secrétaire général adjoint du syndicat.
Le syndicat soutient que les postes occupés par ces travailleurs existent toujours.
« Ce n’est pas l’emploi qui a disparu. Après la fin du contrat avec ETJM, SCANTOGO a recruté une nouvelle société d’intérim et de nouveaux travailleurs ont été engagés à la place des anciens », a dénoncé Kodjovi Sedonou.
Pour le SYDEMINES, cette opération vise essentiellement à remettre à zéro les compteurs sociaux.
« C’est une façon d’annuler l’ancienneté de ces travailleurs, d’effacer les avantages acquis et de recommencer avec de nouvelles victimes sous des contrats de courte durée », a-t-il estimé.

Des inégalités salariales dénoncées
Le syndicat dénonce également une différence de traitement entre les travailleurs recrutés directement par l’entreprise et ceux employés à travers les sociétés d’intérim.
« Ils travaillent dans les mêmes ateliers, aux mêmes postes et accomplissent les mêmes tâches. Mais à la fin du mois, ce ne sont pas les mêmes salaires », a expliqué Kodjovi Sedonou.
Selon lui, cette situation contribue à fragiliser les travailleurs tout en permettant à l’entreprise de réduire ses coûts de main-d’œuvre.
« C’est une façon de faire du profit sur le dos des travailleurs », a-t-il déclaré.
Le SYDEMINES interpelle les autorités
Face à ce qu’il considère comme une violation répétée du droit du travail, le syndicat affirme avoir multiplié les recours auprès des services compétents.
« Nous avons écrit à l’administration du travail, dénoncé la situation et saisi les autorités compétentes. Mais nous avons l’impression de faire du sur-place », a regretté Kodjovi Sedonou.
Pour lui, la responsabilité incombe désormais aux institutions chargées de veiller au respect de la loi.
« Ce qui doit faire bouger les choses aujourd’hui, ce sont nos autorités. L’Inspection du travail a la responsabilité de faire respecter la législation du travail. »
Le syndicat affirme que plusieurs constats de violation auraient déjà été établis par les services compétents, mais qu’aucune mesure corrective concrète n’a suivi.
« Constater que la loi est violée ne suffit pas. Il faut la faire respecter », a insisté le responsable syndical.

Un appel à la réintégration des travailleurs
Depuis janvier 2026, les 47 travailleurs concernés sont sans emploi. Le SYDEMINES réclame leur réintégration au sein de SCANTOGO, la reconnaissance de leur ancienneté et l’accès aux mêmes avantages que les salariés recrutés directement par l’entreprise.
« Nous demandons qu’ils soient réintégrés directement par SCANTOGO et qu’ils bénéficient des mêmes avantages que les autres travailleurs, tout en conservant leur ancienneté », a conclu Kodjovi Sedonou.
À travers cette conférence de presse du 9 juin 2026, le SYDEMINES entend maintenir la pression sur les autorités et attirer l’attention de l’opinion publique sur ce qu’il considère comme un cas emblématique de précarisation de l’emploi dans le secteur industriel togolais.
Cette version est plus solide journalistiquement : elle combine les éléments du document, les explications techniques sur l’intérim et les citations directes de Kodjovi Sedonou, ce qui lui donne davantage de crédibilité et de force éditoriale.

