Par la Rédaction
Les coupes budgétaires qu’a connu le système mondial de l’aide humanitaire pourront engendrer de graves conséquences – plus qu’on ne l’imaginait – sur l’éducation des millions enfants vulnérables dans le monde et particulièrement en Afrique.
Il s’agit d’un véritable danger qui guette des millions d’enfants en Afrique si rien est fait. C’est que tente d’expliquer Marcelin Ridja, Leader dans l’aide international et le travail humanitaire, auteur et créateur de contenus dans une adresse aux professionnels de l’éducation, parents, citoyens concernés, décideurs et acteurs de la société civile.
Selon ce dernier, ces coupes dans l’aide internationale risquent de priver des millions d’enfants d’école d’ici 2026. Mais on n’en parle pas assez de cette situation qui constitue un péril pour nos sociétés et les générations futures.
Des spécialistes et une agence de l’ONU alertent : un effondrement éducatif se profile. L’Afrique centrale et de l’Ouest, déjà fragilisée, sera la plus touchée, avec près de 2 millions d’enfants menacés de déscolarisation. République démocratique du Congo, Soudan, Nigeria, Mali… autant de pays où guerre et pauvreté rongent déjà l’avenir. Haïti, la Somalie ou les territoires palestiniens risquent même de perdre jusqu’à 10% de leur budget national dédié à l’éducation.
Il souligne que ces enfants ne sont pas des chiffres sur un tableau. Mais plutôt des visages, des rêves, des mains tendues vers un avenir dont nous avons une responsabilité morale et collective. Se rappelant du contexte compliquée dans lequel fréquentaient des enfants en République Centrafricaine (RCA), Marcelin Ridja raconte :
Je pense à Aïcha K., maître-parent à Koui en Centrafrique (RCA). Un jour de 2018, devant l’école fermée de ses enfants, elle me confia d’une voix brisée : « Les enfants sans éducation, c’est mettre un couteau dans une société. Ici, les enseignants ont fui, les enfants n’ont plus de repères. C’est une bombe que personne ne pourra désamorcer. »
Si l’éducation est une arme dont devrait se munir les enfants pour contribuer au développement des nations, alors priver ces derniers de cette arme revient à préparer une révolte silencieuse qui peut détruire les sociétés. Ces mots d’Aïcha résonnent comme un cri silencieux. Marcelin Ridja envoie un message fort :
Pour chaque salle de classe condamnée, c’est une étincelle de plus dans un baril de poudre. Chaque enfant privé d’école, c’est une promesse de société brisée, un désespoir de plus qui nourrit la pauvreté, la violence, l’instabilité. Investir dans l’éducation n’est pas un luxe. C’est une obligation morale et collective. À l’inverse, chaque enfant qui apprend est un rempart contre la haine, une force pour construire demain, une chance pour tous.
Pouvons-nous accepter de fermer les yeux et sacrifier une génération entière ? C’est sur cette interrogation qu’il invite l’ensemble des acteurs à plus de réflexion, au dialogue pour trouver des éléments de réponse à cette question est brutale mais nécessaire et vitale.

