Par la Rédaction
Le gouvernement mauritanien durcit le ton dans sa lutte contre les stupéfiants. Réuni en conseil des ministres jeudi 27 août, l’exécutif a adopté un projet de loi destiné à durcir les sanctions applicables au trafic et à la consommation de drogue. Cette décision intervient alors que les services de sécurité ont procédé à plusieurs saisies importantes ces dernières semaines à travers le pays.
Sur le terrain, l’inquiétude est palpable, notamment dans certains quartiers périphériques de Nouakchott où les habitants dénoncent une dégradation du climat social. À Dar El Bewa, un résident du quartier, Yate Ould Maouloud, témoigne d’une aggravation nette de la situation ces derniers mois :
Le quartier était jusqu’ici épargné par ce type de problème, mais des agressions quasi quotidiennes sont désormais commises par de jeunes consommateurs de stupéfiants originaires du secteur, certains ayant recours à une substance localement appelée « adross ». J’appelle les autorités à intervenir et invite l’ensemble de la population à se mobiliser pour endiguer ce phénomène.
Ce constat n’est pas isolé : plusieurs autres quartiers de la capitale seraient concernés par une hausse similaire de la consommation. Pour Fatimata Sow, de l’Association mauritanienne de renforcement des capacités en milieu scolaire, cette progression traduit avant tout un mal-être plus profond chez les jeunes.
« D’abord il y a le manque d’information et de sensibilisation chez les jeunes. Certains peuvent consommer la drogue juste par curiosité, sous l’influence de leurs amis, sans connaître les conséquences. Il y a aussi les difficultés sociales, le manque d’encadrement et d’activités qui permettent aux jeunes de s’épanouir. C’est pourquoi nous pensons qu’il faut agir auprès des jeunes, les sensibiliser et créer un espace où ils peuvent parler de leurs difficultés sans être jugés ».
Sur le plan légal, le nouveau texte élargit sensiblement l’arsenal à la disposition des autorités. Il cible non seulement la consommation, mais aussi la production, la culture et la transformation de substances stupéfiantes, ainsi que le démantèlement des réseaux organisés de trafic.
Source : RFI
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