Par Freddy Roger A
Le rappeur togolais Aamron a passé sa troisième nuit dans les mains des forces de l’ordre. L’artiste engagé a été interpellé dans la nuit de lundi 26 Mai 2025 par des hommes en treillis, puis conduit vers une destination inconnue selon sa famille.
De son vrai nom Tchalla Essowe narcisse, le rappeur s’est distingué de ses collègues à travers ses sorties tonitruantes à l’encontre du régime en place. Depuis quelques mois, sur les réseaux sociaux, il s’est lancé dans une aventure d’éveil des consciences de la jeunesse togolaise, en décortiquant l’actualité sociopolitique et la gestion de son pays le Togo, qu’il qualifie de « calamiteuse ».
En dehors de sa famille, ses confrères artistes et des organisations de la société civile qui ont exprimé leur indignation, d’autres voix continuent de s’élever pour condamner une arrestation jugée arbitraire, qui ne respecte selon elles, aucune procédure judiciaire, et demande sa libération immédiate .
Selon un communiqué publié mardi dernier par la Dynamique Pour la Majorité du Peuple (DMP), cette arrestation de l’artiste Aamron est en violation avec l’article 89 du code de procédure pénale togolais qui interdit toute perquisition ou interpellation à domicile entre 18 heures et 6 heures, sauf exceptions strictes. Le regroupement politique que dirige l’honorable Brigitte Kafui Adjamagbo Johnson dénonce une atteinte à l’inviolabilité du domicile et aux conventions internationales relatives aux droits humains.
« Aamron n’a commis aucun crime », martèle la DMP qui décrit l’artiste comme la voix des sans voix de la jeunesse togolaise, et exige la libération immédiate de tous les détenus politiques à l’instar de Koffi Sitsope Sokpor , alias « Affectio » actuellement en détention pour ses publications sur les réseaux sociaux demandant à chaque togolais de faire sa part.
Il faut rappeler que cette arrestation intervient quelques heures après la sortie de la Conférence des Évêques du Togo qui ont lancé un appel au dialogue et à l’apaisement du climat sociopolitique.

