Par Ange Kossi
En République démocratique du Congo (RDC), la désinformation constitue un obstacle majeur à la lutte contre l’épidémie d’Ebola. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les rumeurs qui circulent au sein des communautés alimentent la méfiance envers les centres de traitement et retardent la prise en charge des personnes malades. Cette situation complique les efforts des équipes sanitaires, qui doivent non seulement combattre la maladie, mais aussi restaurer la confiance des populations.
Parmi les fausses informations relayées figurent des allégations selon lesquelles des injections mortelles seraient administrées aux patients dans les centres de traitement. Ces récits provoquent la peur et poussent certaines familles à rechercher des solutions alternatives au lieu de consulter rapidement un établissement de santé. Entre mai et septembre 2026, plus de 34 650 contenus en ligne, comprenant des rumeurs et des préoccupations liées à l’épidémie, ont été analysés afin de mieux comprendre les inquiétudes des populations et d’adapter les actions de sensibilisation.
L’OMS rapporte notamment le cas d’un enfant de six ans présentant des symptômes suspects d’Ebola, dont la mère, influencée par les rumeurs, a d’abord recherché des soins en dehors d’une structure sanitaire. L’enfant est décédé après une aggravation de son état. Ce témoignage illustre les conséquences potentiellement dramatiques du retard dans l’accès aux soins, même si l’article ne précise pas si l’infection par le virus Ebola a été confirmée chez l’enfant. Pour l’organisation, il est essentiel de répondre aux inquiétudes des familles sans les culpabiliser.
Pour contrer ce phénomène, l’OMS et ses partenaires multiplient les initiatives de proximité. Cent tradipraticiens, 20 influenceurs sur les réseaux sociaux et 150 téléopérateurs ont notamment bénéficié de formations destinées à améliorer la diffusion d’informations fiables. En Ituri, plus de 1 000 rumeurs ont été traitées depuis le début de l’épidémie. À travers le dialogue communautaire, la collaboration avec les acteurs locaux et la diffusion de messages adaptés, les équipes sanitaires cherchent à dissiper les craintes, à encourager le recours rapide aux soins et à renforcer l’efficacité de la riposte contre Ebola.
Source Anadolou Ajansi
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