Par Jean Sovon
Le Burkina Faso a rétabli la peine de mort à travers l’adoption d’un nouveau Code pénal par l’Assemblée législative du peuple (ALP), le mardi 20 octobre 2026. Le texte a été approuvé à l’unanimité des 71 votants, marquant un tournant majeur dans la politique pénale du pays. Cette décision intervient dans un contexte de lutte contre le terrorisme et de réformes judiciaires engagées par les autorités burkinabè.
Selon le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, plusieurs infractions sont désormais passibles de la peine capitale. Il s’agit notamment des actes de terrorisme, de l’espionnage, de la trahison, du parricide ainsi que de l’importation de produits périmés ou interdits ayant entraîné la mort. Le gouvernement justifie cette mesure par la volonté de renforcer la sécurité et de durcir les sanctions contre les auteurs et complices de crimes considérés comme particulièrement graves.
Cette réforme marque un retour en arrière sur une décision prise en 2018, lorsque le Burkina Faso avait aboli la peine de mort dans son Code pénal. La dernière exécution recensée dans le pays remonte à 1988, selon les informations rapportées par Anadolu et d’autres médias. Outre le rétablissement de la peine capitale, le nouveau texte prévoit la re-pénalisation des délits de presse, une révision des amendes et des sanctions proportionnelles aux montants détournés dans certaines affaires économiques.
La décision intervient alors que le Burkina Faso reste confronté à des violences persistantes de groupes jihadistes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique. Si les autorités présentent cette réforme comme un moyen de renforcer l’ordre public et de protéger les citoyens, le rétablissement de la peine de mort soulève des préoccupations en matière de droits humains. Des organisations, dont Amnesty International, avaient déjà appelé le gouvernement à abandonner ce projet avant son adoption.
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