Par Freddy Roger Amegnignon

Après 5 ans de mise en œuvre, le projet » Enfants, sans barreaux » arrive à son terme. L’initiative qui a pour but de réinsérer socialement les enfants en conflit avec la loi, a fait l’objet ce mardi 9 décembre 2025 à Lomé, d’une conférence régionale sur la justice réparatrice et la réinsertion durable des enfants. Initié et exécuté au Togo par le Bureau National Catholique de l’Enfant (BNCE- Togo) avec l’appui technique de l’Agence française de développement (AFD) et du Bureau International catholique de l’enfant (BICE), la rencontre a permis de dresser le bilan somme toute satisfaisant des 5 années de mise en exécution dudit programme.
A en croire Kodjo Phillipe Yodo, Inspecteur et représentant du ministre des solidarités, du genre , de la famille et de la protection de l’enfant, ce projet est venu à point nommé, car il s’inscrit selon lui dans la droit ligne des initiatives du gouvernement susceptibles de concourir à le réalisation progressives des objectifs du développement durable( ODD).
Selon lui, le Togo fait beaucoup de progrès en matière de la protection des droits des enfants, en favorisant l’accès aux droits et à la justice des enfants à travers les directions préfectorales et les organisations de la société civile, à l’instar du BNCE- Togo.
« La justice juvénile réparatrice n’est pas une illusion, elle doit être prise au sérieux, la réinsertion durable des enfants doit être une priorité », a-t-il martelé, avant d’inviter tous les acteurs impliqués à œuvrer activement pour la réinsertion durable des enfants en détention, malgré le défi de l’insuffisance des ressources.
« A travers les programmes de résilience familiale et de parentalité positive, des efforts sont déployés pour que la justice se conjugue avec la réparation, la réhabilitation et la dignité humaine. De toute évidence, quand la famille va bien, la société s’en trouve apaisée et les enfants tombent moins dans la délinquance », a-t-il martelé.

Le présent programme est rendu possible grâce au dévouement sans cesse des acteurs sur le terrain, qui ont mené des actions de sensibilisation, des plaidoyers et des ateliers psycho- éducatifs en faveur des familles, et de la chaîne judiciaire. Tout cela pour contrer la mauvaise conception selon laquelle un enfant en conflit avec la loi n’a plus d’avenir.
« Généralement, la communauté pense que les enfants en conflit avec la loi sont des déchets, alors qu’en réalité, avec ces enfants, on peut encore renaître de ses cendres et repartir sur de nouvelles bases », a déclaré Béatrice Bitenda Ciunza, juriste et assistante conseil au BNCE-RDC.
Pour sa part, Alessandra Aula, secrétaire générale du Bureau international catholique de l’enfant( BICE), a indiqué qu’il est impérieux de préserver la justice et la dignité de l’enfant, surtout lorsque ce dernier est en conflit avec la loi, afin qu’il puisse éviter la récidive et se sentir désormais utile à la communauté.
En réalité, ils sont plusieurs milliers d’enfants à bénéficier des programmes du BICE au travers d’une campagne de sensibilisation et des plaidoyers afin d’expliquer aux autorités judiciaires que d’autres alternatives existent lorsque les enfants tombent sous le coup de la loi.
« Nous faisons le suivi à environs 500 enfants de par le monde qui ont été aidés, accompagnés à travers une activité qui leur permet de préparer leur avenir dans la dignité et dans la légalité », a- a-t-elle précisé.
Démarré en 2012, ce vaste programme multirégional sur la justice juvénile intitulé « Enfants sans barreaux », dont la phase 3 s’achève cette année 2025, vise à améliorer l’accompagnement des enfants en conflit avec la loi et à promouvoir la réinsertion durable.
La rencontre régionale de Lomé se referme ce mercredi 10 décembre 2025. Au terme de l’atelier, la déclaration de Lomé sera amendée et validée par les participants.


