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Accueil » Blog » Togo/Justice foncière et financière : les femmes rurales interpellent les autorités face aux défis de la transhumance
AgricultureAutonomisation financièreConflitsDéveloppementDroits des femmes

Togo/Justice foncière et financière : les femmes rurales interpellent les autorités face aux défis de la transhumance

Les femmes rurales unissent leurs voix pour défendre leurs terres, leurs revenus et leurs droits.

Julien
By Julien Ajouter un commentaire Date de publication : août 5, 2026
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5 Min Read
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Par la Rédaction

Le 31 juillet 2026 à Lomé, les femmes rurales togolaises ont porté un plaidoyer fort en faveur d’une meilleure protection de leurs droits fonciers et économiques. Ceci, à l’occasion du passage de la Caravane de la Convergence Globale des Luttes pour la Terre et l’Eau – Afrique de l’Ouest (CGLTE-OA) au Togo et spécifiquement à l’occasion de la journée internationale de la femme africaine. Réunies lors d’un panel consacré à la souveraineté alimentaire et à la gouvernance foncière, elles ont adopté le Manifeste de Lomé pour la justice foncière et financière des femmes rurales face à la transhumance.

Le panel s’inscrivait dans la dynamique de la Caravane de la CGLTE-OA, un espace d’interpellation citoyenne visant à renforcer le dialogue autour des questions liées à la terre, à l’eau et aux semences. L’association Mains du Développement met en lumière les difficultés spécifiques auxquelles sont confrontées les femmes productrices, particulièrement dans les régions affectées par les conflits entre agriculteurs et éleveurs.

A travers les échanges tenus durant la rencontre, les femmes agricultrices et maraîchères subissent une « double peine ». D’une part, elles voient régulièrement leurs cultures détruites par le passage des troupeaux dans le cadre de la transhumance, tandis que les points d’eau utilisés pour les activités maraîchères sont parfois dégradés. D’autre part, pour financer leurs campagnes agricoles, elles contractent des prêts auprès des institutions de microfinance. Lorsque leurs récoltes sont perdues, elles restent néanmoins tenues de rembourser ces crédits, ce qui les expose au surendettement, à la précarité économique et à une forte détérioration de leurs conditions de vie.

Le manifeste adopté à Lomé souligne également que les femmes demeurent largement absentes des instances décisionnelles locales de gestion de la transhumance, où sont pourtant prises les décisions relatives aux couloirs de passage du bétail, à la prévention des conflits et aux mécanismes d’indemnisation. Les participantes estiment que cette exclusion contribue à perpétuer les injustices qu’elles subissent. Le plaidoyer voudrait aussi qu’on intègre les femmes dans les instances décisionnelles et dans les comités de gestion de la transhumance préfectorale

Lire : Togo/Conflits agro-pastoraux : le pari du leadership féminin pour bâtir une paix durable

Face à cette situation, les femmes rurales, agricultrices et éleveuses, représentées par les Reines-mères de ces communautés, de ces villages et milieux ruraux du Togo, ont formulé plusieurs revendications à l’endroit des autorités locales, du gouvernement togolais et de la CEDEAO.

Elles demandent notamment qu’une part majoritaire de la taxe préfectorale de pâture soit affectée à un fonds communautaire d’urgence destiné à rembourser rapidement les crédits de microfinance des femmes dont les champs ont été détruits par les troupeaux. Elles réclament également l’instauration d’un quota d’au moins 50 % de femmes au sein des comités de gestion de la transhumance et de règlement des conflits.

Les participantes plaident en outre pour la sécurisation juridique de parcelles destinées aux coopératives féminines dans le cadre des espaces d’aménagement liés à la production bovine, ainsi que pour la mise en place d’infrastructures hydrauliques permettant de séparer les points d’eau pastoraux des points d’eau domestiques, afin de limiter les tensions et de protéger les femmes et les jeunes filles.

Le panel s’est déroulé selon la méthode participative dite de « l’Aquarium », favorisant une prise de parole directe des premières concernées. Une chaise restait en permanence disponible au centre des échanges afin que toute participante puisse venir partager son témoignage, tandis qu’un dispositif de traduction en éwé et en kabyè permettait aux femmes de s’exprimer dans leur langue.

Les organisateurs espèrent que les témoignages recueillis et les recommandations formulées viendront enrichir le livret de plaidoyer de la Caravane ainsi que la Déclaration finale du Campus Nord. L’objectif est de faire reconnaître les impacts sociaux, fonciers et financiers de la transhumance sur les femmes rurales et de promouvoir des réponses plus inclusives et plus équitables.

En conclusion de la rencontre, les participantes ont réaffirmé qu’« il n’y aura pas de souveraineté alimentaire ni de justice pour la terre tant que les femmes rurales seront ruinées par les conflits pastoraux ». À travers ce manifeste, elles appellent les pouvoirs publics et les partenaires régionaux à traduire leurs engagements en mesures concrètes pour garantir la protection des terres, des moyens de subsistance et des droits des femmes rurales.

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