Par la Rédaction

Le Conseil de la paix récemment créé par le président Donald Trump rencontre la résistance d’alliés clés alors que les dirigeants mondiaux sont confrontés à une charte controversée exigeant 1 milliard de dollars pour l’adhésion permanente et accordant à Trump un contrôle quasi total sur cet organe international.
L’initiative, initialement conçue pour superviser la reconstruction de Gaza suite au cessez-le-feu d’octobre 2025, s’est transformée en un projet bien plus ambitieux. Selon la charte, qui a été examinée par plusieurs médias, le conseil vise à « promouvoir la stabilité, rétablir une gouvernance fiable et légitime, et garantir une paix durable dans les zones touchées ou menacées par des conflits » — une formulation qui ne fait aucune mention de Gaza.
Les alliés occidentaux rejettent les conditions
La France a publiquement rejeté l’invitation lundi. « À ce stade, la France ne peut accepter », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot aux parlementaires, qualifiant la charte d’« incompatible avec les engagements internationaux de la France et en particulier son appartenance aux Nations unies ».
Trump a réagi en menaçant d’imposer un tarif douanier de 200 % sur les vins et champagnes français. « Personne ne veut de lui de toute façon parce qu’il va bientôt quitter ses fonctions », a déclaré Trump à propos du président Emmanuel Macron. « Je vais imposer un tarif de 200 % sur ses vins et champagnes, et il rejoindra, mais il n’est pas obligé de rejoindre ».
Le Premier ministre canadien Mark Carney a accepté de participer « en principe », mais une source gouvernementale a confirmé qu’Ottawa ne paiera pas les frais d’adhésion. L’Allemagne a exprimé une appréciation prudente pour l’invitation tout en soulignant son engagement continu envers les Nations unies en tant qu’autorité principale en matière de résolution des conflits.
Un modèle payant-gagnant
Selon le projet de charte, les pays membres exerceraient des mandats de trois ans, sauf s’ils contribuent plus d’un milliard de dollars en espèces au cours de la première année, ce qui leur garantirait une adhésion permanente. Trump exercerait la présidence avec le pouvoir d’inviter et d’exclure des États membres, d’opposer son veto à toutes les décisions et de déterminer la manière dont la charte est interprétée.
Paul Williams, professeur d’affaires internationales à l’Université George Washington, a déclaré à l’AFP que cette structure montre que Trump « tente de transformer cela en une alternative payante au Conseil de sécurité de l’ONU, mais où Trump seul exerce le droit de veto ».
L’ONU a réagi contre cette initiative. La porte-parole La Neice Collins a déclaré lundi aux journalistes que « il existe une seule organisation universelle et multilatérale pour traiter des questions de paix et de sécurité, et c’est l’Organisation des Nations Unies ».
Réactions internationales contrastées
Alors que les grandes puissances occidentales hésitent, plusieurs nations ont accepté les invitations. Le Hongrois Viktor Orban a rejoint l’initiative avec enthousiasme, écrivant sur les réseaux sociaux : « Nous avons, bien entendu, accepté cette invitation honorable ». L’Argentin Javier Milei a qualifié l’invitation d’« honneur », et les Émirats arabes unis, le Maroc, le Vietnam, le Kazakhstan, l’Albanie et la Biélorussie ont également confirmé leur participation.
La Russie a confirmé que le président Vladimir Poutine a reçu une invitation et « examine actuellement tous les aspects de cette proposition ». L’inclusion de la Russie a alarmé certains responsables européens, notamment la Pologne, dont le président Karol Nawrocki a exprimé son inquiétude.
Israël s’est opposé à la composition d’un « conseil exécutif pour Gaza » opérant sous l’égide de cette instance, qui comprend le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan et le diplomate qatari Ali Al-Thawadi, le bureau de Netanyahu déclarant que l’initiative « n’a pas été coordonnée avec Israël ».
Une cérémonie de signature est prévue jeudi à 10h30 en marge du Forum économique mondial de Davos, en Suisse. Daniel Forti de l’International Crisis Group a averti qu’« acheter activement des sièges permanents dans un club exclusif envoie un signal très préoccupant sur ce que pourrait signifier à l’avenir une diplomatie internationale transactionnelle et fondée sur les accords ».
Source : Perplexity


