Par la Rédaction
À la veille des élections législatives au Maroc, prévues le 23 septembre 2026, la campagne électorale s’achève dans un climat marqué par le scepticisme d’une partie de la population. Après plus de dix jours de campagne, les promesses des formations politiques peinent à susciter l’enthousiasme, notamment auprès des jeunes. Près de 15,8 millions d’électeurs sont inscrits pour ce scrutin, au cours duquel 28 partis et deux listes de candidats indépendants se disputent les 395 sièges de la Chambre des représentants.
Dans plusieurs villes, le désintérêt à l’égard de la campagne semble particulièrement visible. Des électeurs interrogés expriment des doutes sur la capacité des partis à améliorer concrètement leur quotidien. Cette défiance concerne notamment la représentation politique et l’efficacité des promesses électorales. Une enquête publiée en juin indiquait que seuls 27,9 % des personnes interrogées se déclaraient certaines de participer au scrutin, tandis que la confiance limitée envers les partis figurait parmi les principales raisons avancées par les abstentionnistes.
La jeunesse marocaine constitue l’un des principaux enjeux de cette élection. Le chômage des jeunes, l’accès à l’emploi, le logement et les services publics figurent parmi les préoccupations mises en avant durant la campagne. Selon Reuters, le chômage des 15-24 ans avoisine 27 %, tandis que les jeunes inscrits âgés de 18 à 24 ans ne représentent que 4 % des électeurs enregistrés. Plusieurs formations ont donc placé l’emploi des jeunes au cœur de leurs programmes.
Le coût de la vie occupe également une place importante dans les préoccupations des électeurs. Les prix et le pouvoir d’achat sont régulièrement évoqués lors des échanges entre candidats et citoyens. Cette question intervient alors que le Maroc poursuit d’importants investissements dans les infrastructures, l’industrie, les transports et les énergies renouvelables. Malgré ces avancées économiques, une partie de la population estime que les bénéfices de cette dynamique ne se traduisent pas suffisamment dans la vie quotidienne.
Le scrutin intervient aussi dans un contexte où les électeurs s’interrogent sur la portée réelle de leur vote. Le système politique marocain accorde un rôle important à la monarchie dans les grandes orientations nationales, tandis que le prochain gouvernement devra notamment répondre aux enjeux économiques et sociaux. Les partis en lice cherchent ainsi à convaincre sur leur capacité à agir dans des domaines comme l’emploi, la santé, l’éducation et le pouvoir d’achat.
La participation électorale sera donc particulièrement observée. En 2021, environ 50,35 % des électeurs inscrits avaient participé aux législatives, dans un contexte où les élections parlementaires étaient organisées simultanément avec les scrutins communaux et régionaux. Pour 2026, les législatives se déroulent séparément, ce qui alimente les interrogations sur la mobilisation des électeurs. Les chiffres officiels montrent par ailleurs que les jeunes de 18 à 24 ans restent faiblement représentés parmi les inscrits.
Au-delà du résultat des partis, les élections législatives marocaines de 2026 constituent ainsi un test pour la participation citoyenne et la relation entre électeurs et institutions. Les 15,8 millions d’inscrits sont appelés à choisir leurs représentants parmi 7 288 candidatures pour renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants. L’enjeu sera notamment de savoir dans quelle mesure les formations politiques parviendront à mobiliser les citoyens autour des questions qui préoccupent le plus la population.
Cliquez-ici pour nous rejoindre sur notre chaîne WhatsApp


