Par Julien EVEGNON
Cela fait un peu plus d’un mois que 3 professionnels des médias dont deux réalisateurs français et un fixeur togolais sont en détention au Togo. Et même si des voix se sont élevées ça et là pour réclamer leur libération, rien n’y fit jusque-là. C’est dans cette dynamique que le Parlement européen vient d’être saisi. Objectif de cette saisine: demander une mobilisation internationale en faveur de la relaxation de Gaël Mocaër, Sébastien Perez Pezzani et leur fixeur togolais Fred Vedomey, arrêtés au Togo.
Dans une correspondance datée du 29 août 2026 et adressée à Francisco Assis, président de la délégation OEACP-UE au Parlement européen, quatre défenseurs des droits humains appellent l’institution européenne à intervenir face à ce qu’ils qualifient d’« arrestation arbitraire ».Selon les signataires de la lettre, les réalisateurs français Gaël Mocaër et Sébastien Perez Pezzani étaient arrivés au Togo pour réaliser un documentaire consacré aux rites culturels en pays Kabyè dans le cadre de l’émission « Les Routes de l’impossible » pour le compte de France Télévisions. Ils ont été interpellés le 27 juillet 2026 dans le nord du pays, en même temps que leur fixeur et guide togolais, Fred Vedomey.
Les auteurs de la lettre affirment que les trois hommes auraient passé douze jours en garde à vue avant d’être placés en détention le 17 août, notamment sous l’accusation de « fausses déclarations ». Ils expriment également leur inquiétude concernant l’état de santé de l’un des réalisateurs, qui nécessiterait un suivi médical régulier.
Dans leur courrier, Abel Kové, Touwoubè Wissi, Momo Kankua et Bertin Bandiangou attirent particulièrement l’attention sur le sort du collaborateur togolais Fred Vedomey. Et plus loin, ils estiment que les citoyens togolais travaillant avec des médias étrangers sont souvent davantage exposés aux conséquences de la répression. Cette affaire, selon les signataires de ce document, intervient dans un contexte plus large de tensions autour de la liberté de la presse et de l’exercice du journalisme au Togo.
La lettre fait référence notamment à la suspension de médias internationaux, ainsi que plusieurs affaires impliquant des journalistes et professionnels de l’information. Les auteurs appellent ainsi l’Union européenne à ne pas rester silencieuse face à la situation.
En clair, les signataires demandent au Parlement européen d’exiger publiquement la libération immédiate de Gaël Mocaër, Sébastien Perez Pezzani et Fred Vedomey.
Ils souhaitent également que les instances européennes compétentes en matière de droits humains et de relations avec l’Afrique de l’Ouest soient saisies afin d’examiner la situation des libertés au Togo.Les auteurs proposent enfin la création d’un mécanisme européen de suivi des journalistes et prisonniers d’opinion détenus dans le pays.
À travers cette initiative, les quatre signataires espèrent provoquer une réaction des institutions européennes. Rappelons que du côté des autorités togolaises, l’affaire devrait suivre les procédures judiciaires y afférentes.



