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Accueil » Blog » À Agou et Gamelili, les femmes rurales au cœur de la prévention des conflits agro-pastoraux
AfriqueAgricultureConflitsDécentralisationDéveloppementSociétéTogo

À Agou et Gamelili, les femmes rurales au cœur de la prévention des conflits agro-pastoraux

Femmes rurales, dialogue et paix au cœur de la gestion des conflits agro-pastoraux au Togo

Julien
By Julien Ajouter un commentaire Date de publication : août 27, 2026
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8 Min Read
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Par la Rédaction

Contents
Sensibiliser les leaders pour renforcer le dialogueDonner une place à la voix des agricultricesLes leaders communautaires, des relais essentielsUne démarche fondée sur l’écoute et la participationVers une gouvernance locale plus inclusive

Dans le cadre du projet « L’Éveil des Médiatrices : Catalyser le leadership politique des femmes rurales pour une gestion inclusive des conflits agro-pastoraux au Togo », l’Association Mains du Développement (AMD), en consortium avec Soutien Aux Femmes Démunies (SAFD), mène des séances d’information, de sensibilisation communautaire et de plaidoyer en faveur d’une plus grande implication des agricultrices dans les mécanismes locaux de dialogue et de décision, notamment le Comité Préfectoral de Transhumance (CPT).

Au Togo, l’agriculture occupe une place essentielle dans les moyens de subsistance des ménages ruraux et dans la sécurité alimentaire. Mais dans les zones où activités agricoles et pastorales se côtoient, la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs peut être source de tensions. La divagation du bétail dans les champs et les espaces maraîchers peut notamment provoquer des dégâts aux cultures et des pertes économiques, affectant particulièrement les agricultrices et les maraîchères dont les activités constituent souvent une source importante de revenus pour leurs familles.

Face à ces enjeux, le Comité Préfectoral de Transhumance apparaît comme un cadre important de concertation entre les acteurs concernés par la gestion de la transhumance et la prévention des conflits. Pourtant, les femmes demeurent encore insuffisamment représentées dans certains espaces locaux de dialogue et de prise de décision. Le projet entend ainsi contribuer à une gouvernance plus inclusive en renforçant leur participation et en valorisant leur expérience des réalités vécues dans les communautés agricoles.

Sensibiliser les leaders pour renforcer le dialogue

La première séance est prévue à Agou Tavié le 25 août 2026. Elle réunit notamment des Reines Mères de la Commune Agou 1, des leaders traditionnels, des femmes leaders, des agricultrices et maraîchères, des représentants de la communauté des éleveurs, de l’ICAT et de la mairie, ainsi que l’équipe AMD–SAFD.

Une seconde séance est programmée à Gamelili le 27 août 2026, avec la participation de femmes leaders de plusieurs coopératives de Gamelili, Tsito, Tokpevia, Foulani Kopé et Kondo Kopé, de leaders traditionnels et chefs de villages, de représentants des éleveurs, de l’ICAT, de la mairie et de la gendarmerie, ainsi que du consultant et de l’équipe AMD–SAFD.

L’objectif de ces rencontres est avant tout de permettre aux leaders communautaires de mieux comprendre le rôle, les responsabilités et le fonctionnement du CPT, mais également de réfléchir aux mécanismes de prévention et de gestion des conflits agro-pastoraux. Les échanges portent aussi sur les difficultés rencontrées par les agricultrices et sur l’importance de leur représentation dans les espaces où sont discutées les questions liées à la transhumance.

Donner une place à la voix des agricultrices

L’un des enjeux majeurs des séances est de faire mieux comprendre les conséquences des conflits agro-pastoraux sur les femmes. Les agricultrices et maraîchères jouent un rôle important dans la production agricole et la sécurité alimentaire, mais leur voix reste encore insuffisamment présente dans certains mécanismes de décision.

Les participants sont donc invités à s’interroger sur une question centrale : pourquoi les femmes directement touchées par les conflits agro-pastoraux doivent-elles être représentées et entendues dans les mécanismes de dialogue, notamment au sein du CPT ?

Les discussions doivent notamment permettre de mettre en évidence les conséquences économiques et sociales des conflits sur les femmes, leurs réalités quotidiennes et leur contribution à la sécurité alimentaire. L’ambition est de faire de leur participation un élément de la recherche de solutions plus adaptées aux réalités des communautés.

Les leaders communautaires, des relais essentiels

Au-delà de la séance elle-même, le projet mise sur le rôle des leaders communautaires comme relais d’information et de sensibilisation. Ceux-ci sont appelés à partager avec leurs communautés les informations reçues sur le CPT, à promouvoir le dialogue entre agriculteurs et éleveurs et à soutenir la participation des agricultrices dans les espaces locaux de dialogue et de décision.

Cette responsabilité est particulièrement importante dans la prévention des tensions. Les messages proposés dans le cadre des séances rappellent que le CPT constitue un cadre de concertation et de prévention des conflits liés à la transhumance, que le dialogue est essentiel à une cohabitation pacifique et que les agricultrices directement affectées doivent pouvoir faire entendre leurs préoccupations. Le projet insiste également sur le fait que la paix et la cohésion sociale relèvent d’une responsabilité collective.

Une démarche fondée sur l’écoute et la participation

Les séances reposent sur une approche participative et inclusive. Après une présentation du CPT et de ses mécanismes, les participants sont appelés à partager leurs expériences, à témoigner des difficultés rencontrées et à échanger sur les possibilités d’une meilleure implication des femmes.

À Agou Tavié comme à Gamelili, le programme prévoit notamment des témoignages d’agricultrices et de maraîchères, des échanges autour de trois questions directrices et un dialogue spécifique sur le rôle des Reines Mères et des leaders communautaires dans le soutien à la participation des femmes.

Cette démarche privilégie un dialogue respectueux entre les différentes parties prenantes, notamment les agricultrices, les représentants de la communauté des éleveurs et les leaders communautaires. Elle vise à faire émerger des pistes de dialogue et à favoriser une meilleure compréhension mutuelle.

Vers une gouvernance locale plus inclusive

À travers ces activités, « L’Éveil des Médiatrices » cherche à renforcer le leadership politique des femmes rurales et leur capacité à contribuer aux décisions qui affectent directement leurs activités et leurs communautés.

L’enjeu ne se limite donc pas à informer les participantes et participants sur le fonctionnement du CPT. Il s’agit aussi de créer les conditions d’une participation plus inclusive des agricultrices aux mécanismes de prévention et de gestion des conflits agro-pastoraux.

À l’issue des séances, les leaders communautaires doivent être encouragés à relayer les messages de sensibilisation, à soutenir l’implication des femmes dans les espaces de dialogue et à favoriser une meilleure acceptation de leur participation. Le suivi prévu portera notamment sur le relais des informations dans les communautés et sur les éventuelles initiatives favorisant la participation des agricultrices aux mécanismes locaux de dialogue.

À Agou Tavié et à Gamelili, le message porté par ces rencontres est ainsi clair : la prévention des conflits agro-pastoraux passe par le dialogue, la cohésion sociale et une participation plus inclusive des femmes rurales. En donnant davantage de place à celles qui vivent directement les conséquences des tensions entre agriculteurs et éleveurs, les communautés peuvent renforcer leur capacité collective à prévenir les conflits et à construire des solutions durables.

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