Par la Rédaction
Face aux défis persistants qui fragilisent la filière soja au Togo depuis peu, les acteurs du secteur entendent désormais passer de la phase des constats à celle des solutions. Réunis en assemblée générale ordinaire le 19 juin 2026, les membres de l’Association Nationale des Commerçants et Exportateurs du Soja (ANCES) ont procédé à un examen approfondi de la situation de leur organisation et des difficultés qui affectent l’ensemble de la chaîne de valeur du soja togolais.
Cette rencontre annuelle a permis de dresser le bilan des activités réalisées au cours de l’exercice 2025, d’évaluer le fonctionnement de l’association et de définir de nouvelles orientations stratégiques pour l’avenir.
« L’objectif principal, c’est de permettre à chaque membre de parler de ses difficultés afin qu’ensemble nous puissions trouver des solutions », a déclaré Tewou Kokou, Président du Conseil d’Administration de l’ANCES.

Selon lui, la filière soja traverse une période particulièrement difficile depuis plusieurs années. Mais pour les responsables de l’association, l’heure n’est plus aux dénonciations répétées des problèmes. Une seule chose importe: trouver des solutions pour permettre au soja togolais de rayonner de nouveau.
« Nous reconnaissons que notre filière soja connaît des difficultés depuis plusieurs années. Aujourd’hui, nous ne sommes plus à ce niveau. Le niveau où nous sommes, c’est de trouver des solutions », a-t-il insisté devant les membres réunis pour cette assemblée générale.
Un audit pour renforcer la transparence et la confiance
L’une des décisions majeures prises par le conseil d’administration a été la réalisation d’un audit couvrant les trois dernières années de gestion de l’association. Cet exercice qui a été réalisé en 2025 est destinée à renforcer la transparence financière et à consolider la confiance des adhérents.
Un cabinet a ainsi été mandaté pour faire le point sur l’état de la trésorerie, le fonctionnement de l’organisation et les perspectives d’avenir de l’ANCES. Pour Tewou Kokou, cette démarche s’inscrit dans une volonté de bonne gouvernance et de redevabilité envers les membres.
« Depuis la création de l’association en 2018, nous n’avions pas encore donné à nos membres cette assurance que les finances sont bien gérées. Cet audit permettra de démontrer que les ressources de l’association sont gérées de manière rigoureuse et que les membres peuvent avoir confiance en leurs administrateurs », a-t-il expliqué.
Les différents rapports présentés au cours de l’assemblée ont été validés par les participants avant l’ouverture des discussions portant sur les défis du secteur et les résolutions à adopter.

La compétitivité du soja togolais au cœur des préoccupations
Au-delà des questions de gouvernance interne, les échanges ont largement porté sur la situation du soja togolais sur les marchés internationaux.
L’un des principaux constats dressés par les participants concerne la baisse de compétitivité de la production nationale. Pour les responsables de l’ANCES, cette situation est étroitement liée à une insuffisance de la production.
« Aujourd’hui, notre soja n’est pas suffisamment compétitif. Cette situation est due en grande partie à la sous-production », a souligné le Président du Conseil d’Administration de l’association.
Face à ce défi, les commerçants et exportateurs entendent renforcer leur collaboration avec les producteurs afin d’améliorer les rendements agricoles et d’accroître les volumes disponibles sur le marché.


Les membres de l’ANCES se sont ainsi engagés à poursuivre leurs efforts d’accompagnement auprès des producteurs pour stimuler la production et contribuer à la régulation des prix.
Le respect des normes, condition essentielle pour conquérir les marchés
Pour maintenir la place du soja togolais sur les marchés internationaux, Tewou Kokou estime également que les exportateurs doivent jouer un rôle plus actif dans l’encadrement des producteurs.
« Les exportateurs doivent accompagner les producteurs à respecter les normes et les règlements exigés par les marchés. Ce sont eux qui sont directement en contact avec les acheteurs internationaux et ils ont donc le devoir d’aider les producteurs à mettre en œuvre ces exigences », a-t-il indiqué.
Selon lui, le respect rigoureux des standards de qualité constitue aujourd’hui un levier incontournable pour préserver la compétitivité du soja togolais face à la concurrence internationale.

À travers cette assemblée générale ordinaire, l’ANCES affiche ainsi sa volonté de renforcer sa gouvernance interne, de restaurer la confiance de ses membres et de mobiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur autour d’un objectif commun. Celui de redonner à la filière soja togolaise les moyens de retrouver sa compétitivité et son dynamisme sur les marchés internationaux.

