Par la Rédaction
À seulement 22 ans, Mamadou Sangaré s’impose déjà comme l’un des meilleurs milieux de terrain de Ligue 1. Récompensé par le prestigieux Prix Marc-Vivien Foé 2026, le joueur du RC Lens entre dans l’histoire en devenant le premier Malien à décrocher cette distinction. Une consécration pour celui qui, des terrains poussiéreux de Bamako aux soirées européennes de Bollaert, a construit sa réussite grâce à une discipline hors norme.
De Bamako à Lens : la naissance d’un talent précoce
Bien avant d’enflammer les pelouses françaises, Mamadou Sangaré grandit à Bamako, au sein de la célèbre Yeelen Académie. Là-bas, les éducateurs se souviennent autant de l’élève brillant que du futur footballeur professionnel.
Travailleur acharné, le jeune Malien se distinguait déjà par une rigueur exceptionnelle. Tandis que la ville dormait encore, lui se levait à cinq heures du matin pour s’entraîner seul avant même le début des cours. Une mentalité qui allait rapidement faire la différence.
Sur le terrain, son profil saute immédiatement aux yeux : gaucher élégant, vision du jeu supérieure, qualité technique rare. Positionné comme numéro 10, il dicte le rythme avec une facilité déconcertante. Mais à cette époque, son jeu reste essentiellement offensif. Défendre n’est pas encore sa priorité.
L’influence décisive de Frédéric Kanouté
Le potentiel de Mamadou Sangaré ne tarde pas à attirer les regards. Parmi les premiers convaincus figure Frédéric Kanouté, figure emblématique du football malien et actionnaire de l’académie.
Très tôt, l’ancien attaquant comprend que le jeune milieu possède les qualités pour réussir au plus haut niveau européen. Cette confiance agit comme un accélérateur dans la progression du joueur, qui devient rapidement l’un des meilleurs éléments du championnat malien avant son départ vers l’Europe.
L’Autriche, étape clé dans sa transformation
Comme beaucoup de jeunes talents africains, Sangaré découvre ensuite les exigences du football européen. Direction l’Autriche, d’abord au Red Bull Salzbourg puis au Rapid Vienne.
Le changement est brutal : nouvelle culture, nouvelle langue, intensité tactique plus élevée. Mais cette période devient essentielle dans sa métamorphose footballistique.
Là où il évoluait auparavant comme meneur offensif, il apprend désormais les exigences du football moderne : défendre, répéter les efforts, participer au pressing et jouer dans les transitions rapides. Petit à petit, le numéro 10 créatif devient un véritable milieu relayeur complet.
Mamadou Sangaré, nouveau patron du milieu lensois
Lors de son arrivée au RC Lens, peu de supporters connaissent réellement le jeune Malien. Pourtant, quelques matchs suffisent pour conquérir le stade Bollaert.
Grâce à son activité incessante, sa qualité technique et sa capacité à casser les lignes balle au pied, Mamadou Sangaré devient rapidement indispensable dans l’entrejeu lensois. Aux côtés de Adrien Thomasson, il forme un duo complémentaire qui permet au club nordiste de jouer les premiers rôles en Ligue 1.
Ses statistiques — trois buts et quatre passes décisives — illustrent seulement une partie de son impact. Car au-delà des chiffres, c’est son influence sur le jeu qui impressionne observateurs et coéquipiers.
Son compatriote Amadou Haïdara ne cache d’ailleurs pas son admiration :
« Aujourd’hui, c’est un milieu complet. Il peut jouer relayeur, sentinelle, récupérer des ballons et marquer des buts. »
Un héritier naturel de Seydou Keïta
À Lens, difficile de ne pas penser à Seydou Keïta lorsque Mamadou Sangaré entre sur la pelouse avec son numéro 8. Même origine, même élégance technique, même intelligence de jeu : les comparaisons sont nombreuses.
Le principal intéressé accueille cette filiation avec humilité et ambition. Admirateur assumé de l’ancienne légende malienne, Sangaré rêve désormais de suivre ses traces, voire d’écrire une histoire encore plus grande.
Son entraîneur Pierre Sage voit lui aussi un avenir prometteur pour son milieu de terrain :
« Il est généreux avec le football. Il joue pour le collectif tout en mettant son talent au service du jeu. »
Une ascension qui ne fait que commencer
Deuxième de Ligue 1 derrière le Paris Saint-Germain et qualifié pour la finale de Coupe de France face à OGC Nice, le RC Lens réalise une saison exceptionnelle… portée notamment par l’éclosion de Mamadou Sangaré.
Le Prix Marc-Vivien Foé 2026 vient récompenser un parcours construit avec patience, travail et intelligence. De Bamako à Bollaert, le jeune Malien symbolise aujourd’hui la nouvelle génération des grands milieux africains.
Et ce n’est probablement qu’un début.
Source : RFI

