Togo/Transition Juste : L’ONG « JVE » plaide pour une filière textile plus écologique et durable!
Freddy Roger Amegnignon
Au Togo, le secteur textile de nos jours occupe une place de choix dans l’économie. Malgré ce potentiel de croissance économique considérable, cette filière est confrontée à d’énormes enjeux environnementaux et sociaux.
Dans le soucis de corriger la problématique et relever de nouveaux défis, l’ONG Jeunes Volontaires pour l’Environnement ( JVE), dans le cadre de son engagement en faveur de la transition énergétique juste a initié, ce lundi 22 septembre 2025 à Lomé, une rencontre d’échanges multi-acteurs dédiée à la gestion durable du textile au Togo.
Cette rencontre à en croire les initiateurs vise entres autres à partager des expériences entres les acteurs publics, privés, les consommateurs et les OSC afin d’identifier ensemble les défis du secteur textile et d’esquisser les pistes de solutions durables.
En un mot, il s’agit pour JVE, d’exposer à l’opinion qu’en dépit des grands atouts et opportunités économiques que regorge la filière textile, le secteur peine à s’affirmer, faute de nombreux problèmes environnementaux et sociaux au Togo, et dans les autres pays de l’espace CEDEAO.
Selon JVE, plusieurs facteurs concourent à cette désastreuse situation. Il s’agit entre autres des exigences croissantes du marché mondial, la montée en puissance des concurrents asiatiques, la faible production locale, la prolifération des friperies importées, la dégradation des sols, la perte de biodiversité, ainsi que l’émergence de nouvelles industries textiles, notamment dans le recyclage et l’upcycling.
Mais au-delà de ces dynamiques économiques, la région est aujourd’hui confrontée à un phénomène encore plus préoccupant, notamment les impacts dévastateurs de la fast fashion et l’afflux massif de textiles usagés, principalement en provenance des pays du Nord. Ces flux transforment progressivement l’Afrique de l’Ouest en véritable décharge à ciel ouvert, avec des répercussions alarmantes sur la santé publique et l’environnement.
Le Togo, tout comme ses voisins, n’échappe pas à cette réalité.
Face à cela, l’ONG JVE s’engage depuis quelques années à trouver de solutions à la faible productivité du secteur textile et à ses impacts connexes, tant sur le plan environnemental que social.
L’organisation mène des actions de sensibilisation et de plaidoyer en faveur d’une consommation responsable et durable, tout en soutenant des initiatives locales de gestion de déchets textiles et en accompagnant des entreprises de tissage traditionnel. Elle explore également le potentiel de valorisation du coton dans la production de bioénergie, s’inscrivant ainsi dans une logique d’économie circulaire.
JVE participe aussi activement à des études d’impact environnemental et assure un suivi citoyen des investissements réalisés dans le secteur, en vue de garantir la transparence et la prise en compte des préoccupations locales. Sur le plan social, elle milite contre la prolifération des dépotoirs sauvages et plaide pour une gestion plus rigoureuse des invendus de la friperie, dont les conséquences sur l’environnement et les circuits économiques locaux sont préoccupantes.
JVE plaide également pour la gestion durable de la filière textile, un cheval de bataille de l’organisation notamment dans le cadre de son engagement en faveur de la Transition Juste.
C’est pour cela d’ailleurs qu’elle a programmé une série de cinq rencontres thématiques portant respectivement sur l’alimentation, le textile, les mines, l’énergie et l’emploi, dont la seconde phase consacrée au textile, s’est tenue au siège de la Haute Autorité pour la Qualité et l’Environnement (HAUQE) le lundi dernier.
Il faut rappeler que l’atelier a aussi permis de recueillir des propositions concrètes, destinées à alimenter le processus national de consultation sur la Transition Juste, en vue d’une transformation inclusive et durable de la filière textile.
En définitive, il s’est agit de mieux appréhender les réalités actuelles du secteur textile et d’identifier les actions à engager pour apporter des réponses concrètes aux défis majeurs, en particulier ceux d’ordre environnemental, auxquels la filière est confrontée.
Créée en 2001, l’ONG JVE, œuvre pour la justice environnementale et sociale à travers des actions de plaidoyer, d’éducation, de mobilisation communautaire et de suivi citoyen.

