Par Ange Kossi
La Somalie a fixé les dates de ses prochaines élections générales, mais cette décision suscite déjà une vive opposition. La Commission électorale nationale indépendante a annoncé que les élections législatives se tiendront le 15 avril 2027, suivies de l’élection présidentielle le 15 mai. Ce calendrier intervient dans un contexte de tensions politiques autour de la réforme constitutionnelle et de la durée du mandat du président Hassan Cheikh Mohamoud. L’opposition dénonce une décision prise sans consensus avec les principales forces politiques du pays.
Au cœur du désaccord figure la volonté du président de remplacer le système électoral indirect, fondé sur la désignation des parlementaires par des représentants claniques, par le suffrage universel direct. Si le gouvernement présente cette réforme comme une avancée démocratique, ses adversaires contestent les conditions de son adoption et son application aux institutions actuelles. L’ancien président Mohamed Abdullahi Farmaajo estime notamment que l’organisation des élections sans accord politique risque d’aggraver les divisions et de favoriser l’émergence de processus électoraux concurrents.
Les tensions concernent également les relations entre le pouvoir fédéral et plusieurs États régionaux, notamment le Puntland et le Jubaland, opposés au cadre constitutionnel défendu par Mogadiscio. Malgré plusieurs tentatives de dialogue, les parties ne sont pas parvenues à un compromis sur les modalités du scrutin et la légitimité du calendrier annoncé. À quelques mois des échéances prévues, la capacité des autorités à réunir les différents acteurs autour d’un accord sera déterminante pour garantir des élections crédibles et pacifiques, dans un pays toujours confronté à l’insécurité et à la menace du groupe armé Al-Shabaab.
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