Par Jean Sovon
Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) accuse l’ancien président Joseph Kabila de préparer une offensive de grande ampleur contre le pouvoir en place. Cette déclaration intervient après le rapprochement de l’ex-chef de l’État avec le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda et actif dans l’est du pays. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a dénoncé une volonté de conquérir des territoires par la force, estimant que cette stratégie risque de provoquer de nouvelles pertes humaines parmi la population congolaise.
Cette mise en garde fait suite à la création, le 12 octobre, du Front pour la refondation de la nation (FRN), une nouvelle coalition politico-militaire dirigée par Joseph Kabila et intégrant le M23. Cette structure entend rassembler ses forces et ses ressources pour mettre fin à ce qu’elle considère comme une tyrannie, y compris par le recours à la force. Pour Kinshasa, ce changement de structure ne modifie pas la nature du mouvement ni ses objectifs. Joseph Kabila, qui a dirigé le pays de 2001 à 2019, est accusé par les autorités congolaises de liens avec la rébellion, accusations qu’il conteste.
La situation sécuritaire demeure préoccupante dans l’est de la RDC. Au début de l’année 2025, le M23, avec le soutien de l’armée rwandaise selon plusieurs sources, s’est emparé des villes de Goma et de Bukavu, respectivement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Malgré une relative stabilisation des lignes de front, les affrontements se poursuivent, notamment dans le Sud-Kivu. Parallèlement, des discussions de paix se tiennent sous l’égide du Qatar afin de trouver une issue au conflit. Le gouvernement congolais affirme vouloir poursuivre les négociations, tout en maintenant sa position à l’égard des groupes armés.
Le retour de Joseph Kabila au premier plan intervient également dans un contexte de fortes tensions politiques à Kinshasa. L’ancien président critique ouvertement le pouvoir de Félix Tshisekedi, dont le second et dernier mandat constitutionnel doit s’achever en 2028. Un projet de révision constitutionnelle suscite déjà des inquiétudes au sein de l’opposition, qui redoute une prolongation du pouvoir présidentiel. Dans ce climat tendu, l’alliance entre Kabila et le M23 pourrait compliquer davantage les efforts de paix et accentuer les divisions politiques, alors que la population de l’est du pays continue de subir les conséquences du conflit.
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