Par Jean Sovon
La Gambie va bénéficier de 2,5 millions de dollars rapatriés des États-Unis dans le cadre du processus d’indemnisation des victimes du régime de l’ancien président Yahya Jammeh. Banjul et Washington ont conclu un accord prévoyant le transfert de ces fonds vers le mécanisme national de réparations. Cette restitution constitue une nouvelle étape dans les efforts engagés par la Gambie pour réparer les préjudices subis pendant les 22 années de pouvoir de l’ancien dirigeant.
Les fonds proviennent de la vente d’une résidence située à Potomac, dans le Maryland, acquise en 2010 alors que Yahya Jammeh était au pouvoir. Le bien, associé à l’ancien président et à son épouse Zineb Jammeh, avait été saisi par la justice américaine en 2022. Selon le département américain de la Justice, la propriété avait été achetée avec des produits issus de la corruption et de fonds publics détournés. Sa vente a généré un montant net de 2 507 911,73 dollars, qui doit désormais être restitué à la Gambie.
L’accord de restitution a été signé le 18 septembre 2026 à Banjul par le ministre gambien des Finances, Seedy Keita, et le chargé d’affaires de l’ambassade américaine, Robert Anderson. Les sommes seront versées au fonds de réparations destiné aux personnes touchées par les violations des droits humains commises sous le régime de Jammeh, qui a dirigé le pays de 1994 à 2017. Le dispositif est notamment encadré par la législation gambienne sur les réparations.
Cette restitution intervient alors que la Gambie poursuit son processus de justice transitionnelle. La Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC), mise en place après l’arrivée au pouvoir d’Adama Barrow, avait enquêté sur les violations commises durant le régime de Jammeh et recommandé des réparations pour les victimes. Au début du mois de septembre 2026, les autorités gambiennes indiquaient que 112 victimes ou leurs familles avaient déjà reçu une indemnisation complète, tandis que d’autres dossiers restent en attente de règlement.
Pour Washington, la restitution de ces avoirs illustre la coopération internationale dans la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent et la récupération des fonds issus de détournements. Pour Banjul, les 2,5 millions de dollars constituent une nouvelle ressource destinée au programme de réparations. La Gambie entend ainsi poursuivre l’indemnisation des victimes du régime de Yahya Jammeh, alors que la question de la récupération des avoirs de l’ancien président demeure au cœur du processus de justice transitionnelle.
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