Par la Rédaction
La Somalie et la Turquie renforcent leur coopération dans le domaine de la sécurité maritime à travers un partenariat prévu pour durer dix ans. L’accord vise notamment à améliorer la surveillance des eaux somaliennes, à lutter contre la pêche illégale et à renforcer les capacités des forces maritimes du pays. Avec plus de 3 300 kilomètres de côtes donnant sur l’océan Indien et le golfe d’Aden, la Somalie dispose du plus long littoral d’Afrique, mais peine encore à assurer une surveillance efficace de l’ensemble de son espace maritime.
La pêche illégale, non déclarée et non réglementée constitue l’un des principaux défis. Selon des estimations citées dans le dossier, ces activités feraient perdre à la Somalie près de 300 millions de dollars par an. Des navires étrangers exploiteraient les ressources halieutiques somaliennes en dehors du cadre légal, privant ainsi le pays de revenus importants tout en menaçant ses ressources marines. Le renforcement du contrôle maritime apparaît donc comme un enjeu à la fois économique, environnemental et sécuritaire.
La coopération avec Ankara prévoit notamment la formation de personnels somaliens, le partage de renseignements, ainsi que la conduite d’opérations conjointes. Elle s’inscrit dans une relation sécuritaire qui s’est considérablement développée ces dernières années. En février 2024, les deux pays avaient déjà conclu un accord destiné à renforcer les capacités maritimes de la Somalie. La Turquie apporte également depuis plusieurs années son soutien à la formation des forces de sécurité somaliennes.
La présence turque en Somalie s’étend d’ailleurs au-delà du domaine maritime. Ankara dispose depuis 2017 d’une importante base d’entraînement militaire à Mogadiscio, où des milliers de soldats somaliens ont été formés. Cette coopération intervient alors que le pays reste confronté aux attaques du groupe terroriste Al-Chabab, à la piraterie et aux différentes formes de criminalité qui affectent la sécurité de ses côtes et de ses voies maritimes.
Pour Mogadiscio, le partenariat avec Ankara représente ainsi un moyen de renforcer la présence de l’État sur son vaste territoire maritime et de mieux protéger ses ressources naturelles. Pour la Turquie, cette coopération consolide également sa présence stratégique dans une région située au carrefour de l’océan Indien, du golfe d’Aden et de la mer Rouge. À terme, le renforcement des capacités somaliennes pourrait contribuer à une meilleure protection des eaux territoriales, à la lutte contre la pêche illégale et à la sécurisation des activités maritimes.
Source ADF



