Par la Rédaction
Conformément aux dispositions de la nouvelle Constitution gabonaise, le président de la République doit désormais présenter chaque année un discours sur l’état de la Nation devant les deux chambres du Parlement. Ce rendez-vous institutionnel a connu sa première édition sous l’ère de Brice Clotaire Oligui Nguema. Ce 15 juin 2026, le président gabonais s’est livré à un exercice de plus de deux heures devant les parlementaires.
À travers cette adresse solennelle, le chef de l’État a dressé un état des lieux du pays, présenté les actions engagées depuis son accession au pouvoir et exposé les grandes orientations de son mandat.
Un pays confronté à de nombreux défis
Dans son intervention, Brice Clotaire Oligui Nguema a estimé avoir hérité d’une situation particulièrement difficile, marquée selon lui par une dette élevée, des institutions fragilisées et une dégradation des relations avec plusieurs partenaires internationaux.
Face à ces défis, le président gabonais a défendu le bilan de son action, mettant en avant plusieurs projets structurants lancés au cours des dernières années. Parmi eux figurent la construction de nouvelles infrastructures routières, la réalisation d’une cité administrative ainsi que l’édification d’un palais des congrès destiné à renforcer les capacités d’accueil du pays.
« Ma volonté de bâtir ce pays, reste intacte. Je ne suis pas un président de maquettes. Je suis un président bâtisseur, et pragmatique », a-t-il déclaré.
Selon lui, ces projets s’inscrivent dans une dynamique de modernisation visant à améliorer les services publics et à soutenir le développement économique du Gabon.
Une réponse aux critiques sur les libertés publiques
Sur le terrain politique, le président a affirmé conduire l’action gouvernementale dans le respect des standards internationaux en matière de droits humains, de démocratie et d’État de droit.
Cette déclaration intervient dans un contexte où plusieurs organisations et acteurs politiques dénoncent des restrictions des libertés publiques. La suspension de certains réseaux sociaux ainsi que l’arrestation de figures de l’opposition continuent notamment d’alimenter le débat politique dans le pays.
Parmi les dossiers les plus commentés figure celui d’Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre et opposant politique, dont la situation judiciaire suscite de nombreuses réactions au sein de la classe politique gabonaise.
Sans répondre directement aux accusations formulées par ses détracteurs, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé son attachement au respect des principes démocratiques et de l’État de droit.
Le retour du Gabon sur la scène internationale
Le volet diplomatique a occupé une place importante dans le discours présidentiel. Le chef de l’État a affirmé que le Gabon retrouvait progressivement sa place sur la scène internationale après plusieurs années marquées par des tensions et un relatif isolement diplomatique.
Il a notamment évoqué le différend frontalier opposant le Gabon à la Guinée équatoriale, en particulier autour de l’île Mbanié, objet d’un contentieux historique entre les deux pays.
Brice Clotaire Oligui Nguema est revenu sur la décision rendue par la Cour internationale de justice, qui a tranché en faveur de la Guinée équatoriale concernant cette île stratégique. Il a toutefois souligné que certains territoires avaient également été reconnus au profit du Gabon dans le cadre de cette même décision.
« Le Gabon a pris acte du contenu de cet arrêt, et est totalement disposé à l’appliquer. Le président de la Commission de l’Union africaine a désigné un médiateur que nous avons approuvé, dans l’intérêt de la paux et de nos deux peuples », a-t-il commenté
Face à la sensibilité de ce dossier, le président gabonais a plaidé pour la poursuite de la médiation conduite par l’Union africaine afin de préserver les relations entre les deux États et favoriser une solution durable.
Entre attentes sociales et ambitions nationales
Au-delà des questions institutionnelles et diplomatiques, plusieurs annonces à caractère social ont également ponctué ce premier discours sur l’état de la Nation.
À travers cette intervention, Brice Clotaire Oligui Nguema a cherché à rassurer l’opinion publique sur sa volonté de poursuivre les réformes engagées tout en accélérant le développement des infrastructures et le repositionnement du Gabon sur la scène régionale et internationale.
Ce premier exercice constitutionnel marque ainsi une nouvelle étape dans la gouvernance du pays, alors que les attentes demeurent fortes sur les questions sociales, économiques et démocratiques qui préoccupent une grande partie de la population gabonaise.

