Sports/Suspension de 10 clubs par la FETOBOXE : des visées électoralistes ou le signe d’une gestion chaotique ?
Par la rédaction
La Fédération togolaise de boxe (FETOBOXE) traverse à n’en point douter une zone de turbulences. Et pour cause, l’institution présidée par Dr Mawussé Adotè-Kpakpo a choisi de se passer des services de 10 de ses clubs affiliés. Il n’en fallait pas plus pour susciter des voix dissonantes au sein de la famille de la boxe togolaise. Certains pointent du doigt la mauvaise gestion de la fédération, tandis que d’autres accusent le patron du noble art togolais de vouloir se frayer un boulevard menant à sa réélection pour un troisième mandat consécutif. Au rang de ces voix protestataires figure celle de l’ancien capitaine de l’équipe nationale, Anoumou AGUIAR, dont le club Gants d’Or est également suspendu par la FETOBOXE.
Bref retour sur les faits
Dans une note en date du 7 mai 2026, la Fédération togolaise de boxe (FETOBOXE) annonce la suspension de toutes ses activités de 10 clubs affiliés. Il s’agit de : Gants d’Or Boxing Club, Prinz Lorenzo Boxing Club, Akéklé Boxing Club, Kpalongo Boxing Club, Étoile Filante Boxing Club, Black Stone Boxing Club, Colombe Boxing Club, Gbohloe-Su Boxing Club, Asko Boxing Club et Asck Boxing Club. La principale raison motivant cette sanction est « la non-participation aux activités officielles organisées par la fédération depuis une période d’au moins deux années consécutives », selon la note. Plus loin, la fédération précise ne pas totalement fermer ses portes à une éventuelle réintégration de ces clubs suspendus.
Une gestion chaotique, selon les détracteurs
Il est établi depuis quelques années dans les milieux de la boxe togolaise que ce n’est pas le grand amour entre les dirigeants actuels et certains présidents de clubs, à l’instar du champion Prinz Lorenzo et de l’ancien capitaine de la Fédération togolaise de boxe et champion d’Afrique, AGUIAR Anoumou, dit Black Bomber. Ces derniers ne cachent pas leur envie de diriger un jour la FETOBOXE. Dès lors, certains dénoncent une méthode visant à étouffer toute velléité d’opposition à l’équipe dirigeante actuelle. Et quand on sait que les prochaines élections arrivent dans un peu plus de deux ans, difficile de dissocier cette échéance des événements actuels. L’actuel président ne devrait donc pas rencontrer trop d’obstacles sur le chemin d’un troisième mandat.
Le ras-le-bol d’Anoumou AGUIAR
Anoumou Aguiar n’est autre que l’ancien conseiller du président de la FETOBOXE, Azad Kélani Bayor. Il y a passé une dizaine d’années. Outre ce poste au plan national, il a également été élu vice-président de la Fédération luxembourgeoise de boxe. Fort de ses nombreuses expériences en tant qu’acteur sur les rings et dirigeant sportif, l’homme nourrit naturellement des ambitions pour son pays. Le président de Gants d’Or Boxing Club ne comprend pas cette décision de la fédération, qu’il qualifie d’unilatérale.
« Notre club est régulièrement affilié à la fédération. Nous ne comprenons donc pas pourquoi le DTN (Sylvain Adotè) a fourni, à notre insu, des licences à nos athlètes pour ensuite les placer sous la tutelle d’un autre club. Cette anomalie est connue d’un acteur majeur du ministère des Sports. Mais jusque-là, rien n’a bougé. Nous allons mener davantage d’actions d’envergure pour que notre club soit rétabli dans ses droits », a laissé entendre Anoumou AGUIAR.
Avant de poursuivre : « Deux ans sans activités ? La fédération est dans le faux. En 2025, nous avons organisé plusieurs activités, dont la plus importante reste celle du 27 avril, date de l’indépendance du Togo. Nous avions officiellement invité la Fédération, qui a plutôt choisi de briller par son absence. Si les dirigeants déclinent les invitations des clubs, qu’ils ne viennent pas ensuite parler d’absence d’activités », a pesté M. Aguiar.

À noter qu’à ce jour, on parle d’une vingtaine de clubs régulièrement affiliés à la FETOBOXE. Le nombre exact reste un mystère. Si tel est le cas, la suspension de 10 clubs revient à mettre sous l’éteignoir plus de la moitié des clubs membres ayant le droit de vote. C’est d’ailleurs ce que dénoncent les détracteurs, qui vont plus loin en évoquant une crise institutionnelle.
« La fédération ne disposant pas de site internet officiel, comment avoir une idée précise des athlètes, des dirigeants de clubs, voire des mouvements officiels de l’institution ? Surtout qu’on apprend en coulisses que des activités officieuses, voire clandestines, s’organisent », a déclaré un président de club également suspendu, mais ayant souhaité garder l’anonymat.
Et que dire des subventions étatiques allouées à la FETOBOXE ? Là également, certains clubs dénoncent un « black-out » total. Aucun compte rendu de la gestion financière effectuée par le bureau exécutif depuis plusieurs années.
Voilà comment tout semble réuni pour un bras de fer au sein de la famille du noble art. Quand on sait que, depuis le départ d’Azad Kélani Bayor, la FETOBOXE a toutes les peines du monde à produire des champions, une telle crise ne vient rien arranger. Le ministère en charge des Sports et le Comité national olympique du Togo sont avertis !

