Par Jean Sovon
Les frontières africaines ne doivent plus être considérées uniquement comme des lignes de séparation entre les États, mais comme des espaces de dialogue, d’intégration et de développement partagé. C’est le message porté par le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, à l’ouverture de la troisième édition du Forum des frontières d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, le 20 octobre 2026. Cette rencontre met l’accent sur le rôle des communautés frontalières dans la consolidation de la paix, de la sécurité et de la cohésion sociale sur le continent.
Pour concrétiser cette vision, le responsable de l’UA plaide pour le développement de corridors transfrontaliers, la modernisation des postes-frontières, la simplification des procédures administratives et une meilleure coordination entre les États voisins. Selon lui, les populations vivant de part et d’autre des frontières partagent souvent des langues, des traditions et des liens économiques qui constituent des atouts pour l’intégration africaine. Cette dynamique doit notamment contribuer à la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et à la promotion de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Toutefois, les régions frontalières restent confrontées à des défis majeurs, notamment le terrorisme, les trafics illicites et la criminalité organisée. Mahmoud Ali Youssouf appelle ainsi les États membres à renforcer leur coopération sécuritaire et à ratifier les instruments continentaux dédiés à la libre circulation et à la coopération transfrontalière, dont la Convention de Niamey de 2014. Pour l’Union africaine, une gouvernance des frontières davantage centrée sur les populations est essentielle pour transformer ces espaces en leviers durables de paix, de prospérité et d’intégration régionale.
Cliquez-ici pour nous rejoindre sur notre chaîne WhatsApp


