Par la Rédaction
Au Ghana, une controverse impliquant le député de l’opposition et avocat Nana Agyei Baffour Awuah ravive les discussions sur les limites de la liberté d’expression et le rôle des autorités face aux contenus publiés en ligne.
Le 23 septembre, des agents de l’Office ghanéen de lutte contre la criminalité économique et organisée (EOCO) ont tenté de l’arrêter à la Haute Cour d’Accra, alors qu’il venait représenter une infirmière poursuivie dans une affaire liée à la diffusion présumée de fausses informations sur les réseaux sociaux. L’incident, filmé et largement relayé en ligne, a suscité de nombreuses réactions dans le pays.
L’affaire est également liée au dossier de Salomey Awiti Baffoe, accusée d’avoir participé à la diffusion de contenus associés au compte TikTok « Ghana Jollof ». Elle a plaidé non coupable, tandis que la Haute Cour d’Accra a refusé sa demande de libération sous caution le 24 septembre, invoquant notamment le risque d’interférence avec des preuves électroniques. De son côté, l’EOCO affirme que Baffour Awuah avait été convoqué à deux reprises dans le cadre d’une enquête et que la tentative d’arrestation répondait à une procédure légale. L’avocat conteste cette version et affirme que son intervention était liée à sa représentation de Baffoe. Aucune décision judiciaire n’a toutefois établi de lien entre ces deux éléments.
La controverse dépasse désormais le seul cas de Baffour Awuah. L’Association du barreau du Ghana a appelé au respect des garanties constitutionnelles et de l’indépendance de la profession juridique, estimant que certaines pratiques pourraient créer un effet dissuasif. Au cœur du débat figure notamment l’article 208 du Criminal Offences Act, qui permet de sanctionner certaines publications jugées susceptibles de provoquer la peur, l’inquiétude ou des troubles à l’ordre public lorsqu’elles sont connues pour être fausses.
Alors que la Constitution ghanéenne protège la liberté d’expression et la liberté de la presse, les autorités et les acteurs de la société civile sont confrontés à la question de savoir comment lutter contre les contenus potentiellement préjudiciables tout en préservant l’espace consacré au débat politique et à la critique.
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